Un consommateur moyen, qui ingère 400 g de légumes et de fruits mélangés par jour (une valeur recommandée par l’OMS), ne dépasserait pas la dose journalière admissible (DJA) pour les nitrates. C’est ce qu’affirme un avis scientifique que vient de publier l’AESA (Autorité européenne de sécurité alimentaire) à laquelle la Commission européenne a demandé de lui fournir un avis sur les risques pour les consommateurs liés à la présence de nitrates présents dans les légumes. Un avis destiné à alimenter une base scientifique réactualisée en vue d’aider les gestionnaires des risques à définir de futures stratégies relatives à la présence de nitrates dans les légumes.
Le groupe scientifique sur les contaminants de la chaîne alimentaire (Contam) de l’AESA a évalué les risques et les bénéfices pour les consommateurs de la présence de nitrates dans les légumes et il est donc parvenu à la conclusion que les effets bénéfiques de la consommation de légumes et de fruits l’emportent sur le risque potentiel pour la santé humaine lié à l’exposition aux nitrates présents dans les légumes. Pour estimer l’exposition, le groupe scientifique s’est fondé sur l’éventualité que la totalité des 400 g de fruits et de légumes ingérés par les consommateurs puissent éventuellement n’être constitués que de légumes dont la teneur en nitrates est considérablement plus élevée que celle des fruits. Dans ses conclusions, le Groupe scientifique a estimé qu’un consommateur moyen, qui ingère approximativement 400 g de légumes et de fruits mélangés par jour ne dépasserait pas la dose journalière admissible (DJA) pour les nitrates, c’est-à-dire 3,7 mg/Kg de poids corporel par jour, une valeur établie par l’ancien Comité scientifique de l’alimentation humaine de l’UE et qui a été confirmée en 2002 par le Comité mixte FAO/OMS d’experts des additifs alimentaires.
Etudes épidémiologiques
Le Groupe scientifique de l’AESA a noté que l’on n’a identifié aucune nouvelle donnée susceptible de rendre nécessaire la révision de cette DJA (quantité d’une substance spécifique dans les aliments qui peut être ingérée par voie orale pendant la durée de la vie sans risque notable pour la santé). D’après le groupe scientifique, seule une faible partie de la population européenne (2,5%), qui consomme des quantités importantes de légumes-feuilles (épinards, laitue, roquette, etc…), pourrait dépasser la dose journalière admissible pour les nitrates. Toujours selon le groupe d’experts de l’AESA, les études épidémiologiques ne suggèrent pas que l’absorption de nitrates liée à l’alimentation ou à l’eau de boisson puisse être associée à des risques accrus de cancer. Cependant, précisent-ils, l’organisme humain transforme les nitrates en composés tels que les nitrites et l’oxyde d’azote, qui peuvent avoir des incidences sur la santé. Ceux-ci peuvent notamment induire une méthémoglobinémie (qui limite l’apport d’oxygène dans le sang) et avoir des propriétés cancérigènes potentielles.
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Les principales sources de nitrates dans l’alimentation sont les légumes, la viande en conserve et l’eau de boisson, mais les légumes et les fruits peuvent représenter plus de la moitié, voire les deux tiers, de l’ingestion totale de nitrates. La plupart des légumes contiennent des nitrates, en quantité variable, mais, précisent les scientifiques de l’AESA, le facteur critique d’une exposition alimentaire élevée aux nitrates n’est pas la quantité absolue de légumes consommée mais le type de légumes (par exemple des légumes feuilles) et la concentration respective de nitrates. Des taux plus élevés peuvent être décelés dans des légumes-feuilles comme les épinards, la laitue et la roquette. La teneur des légumes en nitrates varie également en fonction d’autres facteurs, comme l’ampleur de l’utilisation d’engrais à base de nitrates et l’exposition des légumes à la lumière solaire (les légumes cultivés dans les pays du nord de l’Europe ont tendance à présenter une teneur en nitrates plus forte). D’après l’avis de l’AESA, il n’est pas considéré comme probable que les végétariens et les végétaliens qui consomment de grandes quantités de fruits et de légumes dépassent la DJA établie, puisque leurs besoins en protéines sont normalement couverts par la consommation de céréales, de fruits à coque et de légumes secs, qui sont pauvres en nitrates.
Les légumes comme la laitue et les épinards font déjà l’objet d’une réglementation de l’UE qui fixe des taux de nitrates maximums L’avis de Claude Turmes n’est pas partagé par tout le monde car au sein même de la Commission des transports et de l’énergie du Parlement l’objectif de 10% d’agro-carburants n’est pas contesté par la plupart des membres.. Dans le groupe des légumes feuilles, la roquette contient les taux de nitrates les plus élevés, mais un dépassement occasionnel de la DJA ne constitue pas un risque pour la santé. Le groupe scientifique affirme que l’ingestion de nitrates pouvait être encore réduite par des traitements comme le lavage, l’épluchage et/ou la cuisson, ce qui fournit une marge de sécurité supplémentaire pour le consommateur.