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Phil Hogan en guerre contre les « mensonges eurosceptiques »

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L’UE ne parvient pas à communiquer, à expliquer son action aux citoyens, et notamment à faire comprendre aux agriculteurs les avantages de la Pac, selon le commissaire européen Phil Hogan, qui s’inquiète des appels au repli lancés par les partis populistes dans plusieurs États membres.

« Les institutions de l’UE doivent redoubler d’efforts pour communiquer aux citoyens ce qu’elles font et pourquoi elles le font. Les États membres travaillant ensemble avec la Commission et le Parlement européen apportent une véritable valeur ajoutée dans une vaste série de domaines, mais nous avons lamentablement échoué à obtenir que même ce message basique soit compris », a déploré Phil Hogan lors d’une intervention devant l’Institute of International and European Affairs, le 16 février à Dublin, consacrée au Brexit et à la méfiance croissante de l’opinion publique à l’égard de l’Union, attisée par le populisme.

« La Pac a un impact positif direct et mesurable sur la vie de chaque citoyen européen, mais cela est loin d’être compris », a regretté le commissaire européen à l’agriculture. « Et je suis souvent surpris de constater que les agriculteurs ne mesurent pas combien la Pac est fondamentale pour leur niveau de vie, et ne parviennent donc pas à défendre avec vigueur et communiquer sur l’importance de cette politique pour la société européenne », a-t-il ajouté.

« Les partis eurosceptiques et euro-hostiles gagnent du terrain »

L’ex-premier ministre britannique David Cameron est « peut-être la victime la plus évidente de l’incapacité à l’échelle européenne de contrer les mensonges eurosceptiques, et il pourrait ne pas être la dernière », selon Phil Hogan. « Aux Pays-Bas, en France, en Suède, en Pologne, en Hongrie, en Grèce et en Italie, des partis politiques qui sont au mieux eurosceptiques et au pire euro-hostiles gagnent du terrain ».

Le commissaire européen a notamment rappelé des propos de « Marine Le Pen du Front National », qu’il a qualifiés de « grandiloquents et hystériques ».

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(1) Voir n° 3582 du 13/02/17

« Brexit dur » et « assurances naïves »

Approuvé le 8 février à Londres par la Chambre des Communes, le projet de loi sur le déclenchement du processus de sortie du Royaume-Uni de l’UE a été soumis le 20 février à la chambre haute du parlement, les Lords, qui devrait se prononcer le 7 mars (1). Et, selon Phil Hogan, « un Brexit dur semble de plus en plus probable ».

Le commissaire européen à l’agriculture a notamment remarqué à ce propos, le 16 février à Dublin, que, « en dépit du fait que les paiements de base de l’UE représentent 87 % du revenu agricole en Irlande du Nord, certains politiciens, y compris plusieurs issus des zones rurales, ont donné à la communauté agricole des assurances naïves selon lesquelles, après le Brexit, les soutiens de la Pac dont ils profitent actuellement seraient tout simplement remplacés par un système national britannique ».