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Eviction de Delphine Batho Philippe Martin devient ministre de l’Ecologie

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Ce ne sont pas les plus médiatiques, mais les dossiers environnementaux qui touchent plus ou moins directement l’agriculture ne manqueront pas au cours des prochains mois. Le tout nouveau ministre de l’Ecologie, entré en fonction le 3 juillet, connaît d’assez près certaines problématiques agricoles et certains protagonistes.

Le tout nouveau ministre de l’Ecologie, Philippe Martin, n’est pas inconnu du monde agricole… et réciproquement. Le député du Gers a été nommé ministre de l’Ecologie à la suite du feuilleton éclair du 2 juillet, qui a abouti à l’éviction de Delphine Batho (voir encadré).
À 59 ans, Philippe Martin connaît une partie des dossiers qui vont lui échoir. Membre de la commission du développement et de l’aménagement du territoire à l’Assemblée nationale, il a été chargé des questions environnementales lors de la campagne électorale de François Hollande. Il est aussi président du conseil général du Gers, adjoint au maire de Valence-sur-Baïse ; Titulaire d’une maîtrise de droit, il a été conseiller auprès de Laurent Fabius, alors président de l’Assemblée nationale, chargé de l’aménagement du territoire. Il avait auparavant occupé des postes de conseiller technique et chef de cabinet des ministres du Budget (Michel Charasse), de la Défense (Paul Quilès), de l’Urbanisme, du Logement et des Transports (idem),
Plus récemment, Philippe Martin a pris la présidence de la commission des comptes et de l’économie de l’environnement du ministère de l’Écologie, mais aussi du comité national du développement durable et du Grenelle de l’environnement et du Conseil général de l’environnement et du développement durable (CGDD).
 
Un historique agricole
Troisième à occuper cette fonction depuis l’élection présidentielle, Philippe Martin semble, davantage que ses prédécesseurs, baigner dans les questions agricoles. Il a remis, le 5 juin, un rapport sur la gestion de l’eau en agriculture dans lequel il affirme l’importance stratégique de l’eau pour l’agriculture, se prononce pour la limitation des recours sur les retenues d’eau et la levée du moratoire sur leur création. Un rapport toutefois mesuré, qui a été plutôt bien accueilli par la majorité agricole, et tièdement par les environnementalistes. La question de l’eau, sous de multiples aspects, sera très prochainement à son agenda. Mais le pro-irrigation est plutôt anti-OGM et anti gaz-de schiste. Dans son département, Philippe Martin a ferraillé, dans les années 2000, contre la culture de maïs en plein champ dans son département, mais aussi pour défendre la clause de sauvegarde française contre le maïs OGM Mon810. En 2012, Philippe Martin avait incité les cavistes et restaurateurs de son département à ne plus vendre de vin californien, en représailles à l’embargo californien sur le fois gras.
 
Eté studieux en perspective
Lors de la passation de pouvoir, le 3 juillet, Philippe Martin a mis en avant trois dossiers prioritaires : la transition énergétique, dont les conclusions du débat national doivent être présentées le 18 juillet, la conférence environnementale programmée les 20 et 21 septembre, et les sujets internationaux, avec en particulier l’organisation par la France de la conférence sur le climat en 2015.
Dans le détail, les sujets agricoles ne manqueront pas. D’abord parce qu’il reste à finaliser les litigieux 5e programmes d’actions liés à la directive nitrates, alors que la France vient de se voir condamnée par l’Union européenne pour une application insuffisante du cadre communautaire. À l’équation s’ajoute la promesse faite par Stéphane Le Foll de faciliter les procédures ICPE (qui s’appliquent notamment aux porcheries). Sur sa table se trouve d’ailleurs également l’épais dossier de la modernisation du droit de l’environnement, dont Delphine Batho devait présenter le 3 juillet une feuille de route.
Le comité pour une fiscalité écologique qui planche sur la fiscalité carbone, mais aussi sur une taxe (ou l’évolution des taxes actuelles) sur les pesticides, sur les nitrates et sur les prélèvements d’eau présentera au fur et à mesure ses avis au gouvernement, avec pour ligne de mire la loi de finances de 2014.
Côté transition énergétique, le prochain rendez-vous officiel est fixé au 18 juillet pour la conclusion du débat national, en vue d’une proposition de loi qui pourrait être présentée à l’automne. En juillet (la date sera peut-être repoussée) doit aussi être présentée la loi-cadre sur la biodiversité.
Cette avalanche d’échéances et l’éviction-éclair de Delphine Batho ont poussé les écologistes et associations environnementales à s’interroger sur la place de ce sujet dans la politique gouvernementale. « L’écologie est une exigence », a martelé le nouveau ministre, lors de la passation de pouvoir, le 3 juillet. « La nécessité de transformer de manière écologique notre mode de vie est une exigence absolue », a-t-il insisté. La stabilité dans les décisions prises jusqu’ici semble l’option la plus probable dans un premier temps. L’avenir du cabinet de Philippe Martin n’est pas encore certain, mais il a d’ores et déjà confirmé la reconduction de son directeur de cabinet Gilles Ricono. Son agenda des tout prochains jours n’est pas encore connu.

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