« La nouvelle Pac, la refonte de la Pac » (…) tout cela est bien à l’ordre du jour mais il ne faudrait pas confondre vitesse et précipitation », a expliqué Philippe Meurs, président des JA, lors de la 54 finale de labour qui s’est tenue du 14 au 16 septembre à Masseube dans le Gers. Cette fête a rassemblé sur 3 jours 70 000 visiteurs. Michel Barnier, ministre de l’Agriculture en visite le 16 septembre sur le site a expliqué que, dans cette « refonte » de la Pac, « le débat politique doit commander et non le budget ».
«Le contexte est en train de changer, d’où la nécessité d’avoir un bilan de santé de la Pac, une évaluation. Le débat est ouvert. Nous allons le mener pour évaluer objectivement la Pac depuis 2003 et même avant, ses points positifs et ses insuffisances », a déclaré Michel Barnier, le 16 septembre.
« Ce qu’a dit Nicolas Sarkozy le 11 septembre, c’est que l’on n’attendra pas 2013, qu’on aurait tort d’attendre le dernier moment pour que cela soit le budget qui commande », a ajouté Michel Barnier, pour qui « il y aura de toute façon une nouvelle Pac ». Pour Philippe Meurs, « la nouvelle Pac, la refonte de la Pac (…) tout cela est bien à l’ordre du jour mais il ne faudrait pas confondre vitesse et précipitation ». Pour lui, « la priorité est de reparler d’un projet ambitieux pour l’agriculture ».
L’agriculture a des « raisons d’espérer »
Le ministre de l’Agriculture affiche un bel optimisme. « L’agriculture de ce pays a des raisons d’espérer. On voit bien qu’il va falloir produire plus et produire mieux. La raison d’être, de travailler des agriculteurs retrouve une nouvelle actualité », a souligné le ministre, rappelant qu’il y a « 14 000 installations de jeunes agriculteurs chaque année en France ». Justement, Philippe Meurs souhaite que sur ce sujet « les engagements passés, réaffirmés récemment, soient honorés. Que tous les financements de projets trouvent un aboutissement en 2007. Cela est possible quand la volonté politique existe, et je sais que vous pouvez en avoir sur le sujet », a interpellé le président des JA.
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En ligne de mire des Jeunes agriculteurs, le nouveau plafond décidé dans le cadre du réglement de développemement rural qui a fixé le cumul des aides dont peut bénéficier un JA à 55 000 euros. Sans oublier « une nouvelle gestion des conditions d’octroi de prêts », lesquelles posent de réelles difficultés à certains jeunes notamment pour financer des reprises d’exploitations à un tiers, de l’aveu même de Michel Barnier. Ce dernier s’est engagé à « saisir la commissaire européenne sur cette difficulté » liée à la fixation d’un cumul. Il assure par ailleurs être décidé à « lever l’obstacle » de la nouvelle gestion des conditions d’octroi de prêts. Au sujet de la résorption des listes d’attentes qui se sont constituées pour l’obtention des prêts « jeunes agriculteurs-moyens termes spéciaux » le ministre a indiqué qu’ « une enveloppe de 11 millions d’euros venait d’être répartie entre les régions ».
La gestion du foncier en question
A l’occasion de cette finale de labour, les JA ont organisé une table ronde sur le thème de la néoruralité, le 14 septembre, car « les territoires ruraux ont le vent en poupe ». Le leader des JA a insisté sur les 60 000 ha de terres agricoles qui disparaissent chaque années avec, comme conséquence, « les économies locales qui sont touchées » et « les services à la personne qui sont supprimés ». Sur le sujet du foncier, Philippe Meurs souhaite que « très rapidement nous réfléchissions à la protection de notre foncier agricole et à sa gestion en toute indépendance, et ce n’est pas le cas aujourd’hui ». Le ministre a promis que ce sujet sera approfondi lors des assises de l’agriculture. Il attend deux rapports : l’un sur l’utilisation des deux outils que sont les « zones agricoles protégées (ZAP) » et « les périmètres d’intervention » destinés à limiter la spéculation foncière. L’autre rapport concerne « l’étalement urbain ». Entre les agriculteurs et les néoruraux, « chacun cherche sa place », résume Phillipe Meurs. Cette cohabitation n’est pas toujours simple : « Il faut que chacun fasse un pas envers l’autre », a-t-il conclu.