Quelques semaines après sa nomination comme délégué interministériel aux industries alimentaires et à l’agro-Industrie, Philippe Rouault révèle ses intentions pour redonner vie au Partenariat national de développement des IAA que son prédécesseur avait initié.
Le nouveau délégué aux IAA, Philippe Rouault, prend tout juste ses fonctions mais avec au moins une conviction : « Comme la défense ou l’énergie, le secteur agroalimentaire est stratégique pour notre pays. Il n’est que de voir combien la flambée actuelle des matières premières vient nous rappeler que la fonction première de l’agriculture et de l’industrie alimentaire est de nourrir les hommes. Et avec même un énorme défi, au plan mondial, de devoir en nourrir deux fois plus d’ici 2050 ! »
Plus prosaïquement, la Délégation interministérielle – qui, on le sait Cf Agra alimentation n° 1986 du 06.09.07 p. 10, est rattachée à la fois au ministère de l’Agriculture et à celui de l’Economie – va devoir « être une force de proposition et d’échanges » et cela, de plus en plus dans le cadre, toujours, du PNDIAA dont Philippe Rouault souhaite faire le bilan depuis son démarrage en 2005.
Cinq priorités
Dans les cinq axes de travail que devrait donner la lettre de mission des deux ministres au nouveau délégué, on retrouvera l’essentiel de ce qui figurait dans le PNDIAA, à l’exception peut-être du développement à l’international et des exportations, parce que, selon Philippe Rouault, « on fera chaque chose en son temps ». Ses priorités sont bien dans le prolongement du Partenariat national de développement des IAA lancé par son prédécesseur Nicolas Forissier alors même qu’il était encore secrétaire d’Etat à l’Agriculture.
En tête, il place « la transmission des entreprises, dont le plus grand nombre sont des TPE et qui doivent trouver à l’occasion de changements de structure les moyens financiers d’acquérir une taille critique qui leur fait souvent défaut pour innover ou exporter ». Ce qui est ici en jeu, c’est « la localisation des centres de décision dans les territoires » et le délégué a bien noté « l’encouragement donné par le président de la République au Space en faveur de fonds d’investissement créés par les agriculteurs eux-mêmes pour prendre pied dans des sociétés alimentaires ».
Deuxième axe, l’innovation et la recherche : « Celles-ci sont indispensables pour créer plus de valeur ajoutée. Quand les industries de défense consacrent jusqu’à 10 % de leur chiffre d’affaires en R&D, et que les industries alimentaires, en moyenne, n’en dépensent pas 1 %, on ne peut s’estimer satisfait. Pas plus qu’on ne soit s’endormir sur nos lauriers au prétexte d’une excellente position excédentaire sur les marchés extérieurs quand on sait qu’en réalité la France ne cesse de perdre des parts de marché par rapport à ses concurrents, même européens. »
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Troisième priorité, l’attractivité des métiers de l’agroalimentaire : « Le problème, explique Philippe Rouault, n’est pas seulement que les industriels ont du mal à trouver du personnel dans les secteurs de main d’œuvre peu qualifiée, mais que l’on assiste à une baisse d’effectifs dans les IUT spécialisés et à une insuffisance du nombre de techniciens qualifiés ».
Quatrièmement, la délégation va continuer à identifier « les réglementations qui mériteraient d’être adaptées, simplifiées ou assouplies, en particulier quand elles sont des entraves inutiles au développement des entreprises pour exporter ou innover ».
Des groupes de travail très bientôt
Un cinquième chantier qu’avait ouvert plus tardivement Nicolas Forissier sera poursuivi, assure le délégué aux IAA et à l’agro-industrie : c’est celui précisément de la valorisation non alimentaire des produits agricoles, en se focalisant sur la chimie du végétal (les biocarburants sont du ressort du délégué chargé de la biomasse, Alain Roy).
Dans les prochaines semaines, Philippe Rouault entend donc réunir à nouveau les six groupes de travail à l’issue d’une première réunion plénière du comité de pilotage du PNDIAA. Y sera sans doute confirmée la nécessité d’un état des lieux concernant les pistes déjà engagées et évaluant les résultats qui ont été obtenus ou non jusqu’ici. Par exemple, il faudra, selon lui, tirer les leçons de l’expérimentation des « kit export » qui a été menée dans trois régions avant d’en proposer une éventuelle extension.