Selon une étude publiée par des chercheurs de l’Inrae dans Nature Geoscience début janvier, près de 62 % des stocks disponibles de phosphore dans les sols d’Europe de l’Ouest sont d’origine anthropique (engrais minéraux ou organiques). Ce chiffre, détaillent les chercheurs, s’explique principalement par « des application massives d’engrais phosphatés à partir de la moitié du XXe siècle », avec une stabilisation des apports depuis les années 1970. L’Amérique du Nord et l’Asie montrent la même tendance, avec respectivement 70 % et 61 % de phosphore d’origine humaine. Principale différence : les stocks initiaux en Europe dès 1950 « étaient parmi les plus hauts du monde », de par l’histoire géochimique du continent et les anciennes pratiques. À l’inverse, notent les auteurs, les stocks de phosphore restent très faibles dans la plupart des pays africains, « limitant les rendements dans ces pays ». Pour les auteurs, les pays de Nord doivent donc se concentrer sur le recyclage du phosphore existant, afin « de réorienter les flux de roches phosphatés vers les pays d’Afrique ou d’Amérique du Sud qui en ont besoin ». L’étude s’appuie sur une modélisation prenant en compte pour chaque pays les niveaux de production agricole depuis 1950, les pratiques de fertilisation, le recyclage du phosphore par les animaux dans les fourrages, ainsi que les importations de céréales.
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