« Bien que de nombreux progrès aient été accomplis dans le passé en ce qui concerne l’impact des produits phytopharmaceutiques sur l’homme et l’environnement, des améliorations considérables sont encore possibles », assure une étude de l’Université catholique de Leuven (Belgique) réalisée pour un atelier de travail qu’organisait le 6 avril le comité d’eurodéputés sur l’avenir de la science et de la technologie (STOA) autour de la question « Peut-on cultiver sans utiliser d’herbicides, de fongicides et d’insecticides ? » (1). Selon les auteurs, la réduction de l’utilisation de ces substances, via des « systèmes sophistiqués » d’alerte et d’aide à la décision, « semble une solution », mais elle n’est « réaliste » que si « le risque de baisse du rendement ou de la qualité est acceptable » pour le producteur. Elle peut être aussi obtenue via l’agriculture de précision, dont la télédétection avec des drones.
Nouvelles techniques de sélection
Une « contribution importante », souligne l’étude, proviendra également de la sélection de variétés plus résistantes, « à la fois par sélection classique et par de nouvelles techniques de sélection telles que la sélection par mutation de précision utilisant l’approche CRISPR-Cas ou par transformation génétique ».
Des techniques qui « seront inévitables pour atteindre les objectifs de développement durable en matière de sécurité alimentaire et d’aliments sains », insistent les auteurs.
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Le bio pas toujours « le meilleur choix »
En revanche, pour eux, « il est clair que l’agriculture biologique et sa mise en œuvre dans l’agroécologie ne constituent pas, souvent, le meilleur choix » car elle est « environ 25 % moins productive que l’agriculture conventionnelle », ce qui implique que, pour nourrir 11 milliards de personnes à l’horizon 2100, « il faut plus de terres aux dépens de la biodiversité ».
Quant à « la perception selon laquelle les produits phytopharmaceutiques naturels, utilisés dans l’agriculture biologique, sont moins toxiques et conduisent à moins de résidus », elle « n’est pas toujours correcte », selon l’étude, et « nécessite une confirmation scientifique supplémentaire ».
(1) https://bit.ly/2Hc6sBn