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Phytos : les ZNT se multiplient en Argentine

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Après la province argentine d’Entre Ríos, un juge argentin vient d’établir des zones de non-traitement de 1 et 3 km, selon le mode de traitement, autour de la commune de Pergamino, au cœur de la « Beauce argentine ». 135 communes rurales de la province de Buenos Aires auraient également établi des distances réglementaires par arrêté municipal.

Suite à la plainte d’une femme affirmant que son enfant a été intoxiqué par du glyphosate à Pergamino (92 000 habitants), au nord de Buenos Aires (Argentine), le tribunal fédéral de San Nicolás a provisoirement imposé, depuis le 30 août, une zone de non-traitement de 1 095 m autour des résidences de la commune, et de 3 km pour les applications aériennes. 5 000 hectares sont concernées. Ce juge évalue ces jours-ci d’étendre son verdict à l’ensemble du canton avec des ZNT autour des écoles, des points d’eau, des villages et hameaux. En mai, les syndicats défilaient contre une décision similaire prise dans la province d’Entre Ríos. Il s’agissait également d’instaurer des distances similaires mais uniquement autour des écoles rurales.

Selon la Fédération agraire argentine, des zones de non-traitement existeraient également dans 135 communes rurales de la province de Buenos Aires. « Aucun de ces 135 arrêtés municipaux n’est identique à un autre. Tous ont établi à leur façon des distances minimum d’application différentes et des points protégés différents, soit des écoles, soit des cours d’eau, soit des résidences », constate Lorena Gigena, de la Fédération agraire argentine (FAA). Si de nombreux agriculteurs sont désormais exposés au risque de devoir cesser leur activité, c’est à cause de l’absence de l’État en tant qu’organisme de contrôle, analyse-t-elle. « C’est dans ce vide que se sont engouffrés associations, plaignants, maires, juges, médecins et chercheurs, et nous pâtissons aujourd’hui du manque de discernement de ceux qui se focalisent uniquement sur le critère de la distance. »

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Les cas de la province d’Entre Ríos et de Pergamino sortent du lot parce que, là, c’est la justice, et non les autorités locales, qui y ont, par le biais de sentences de tribunaux fédéraux, établi des ZNT de 3 km pour les applications aériennes et d’1 km pour les terrestres. Il s’agit de zones d’exclusion totale. Entre Ríos possède une surface et un PBI agricoles voisins de ceux de l’Irlande. Pergamino, outre le fait que ce canton recouvre 300 000 hectares, c’est aussi un symbole, car il est situé dans la fameuse zone « noyau » de la région pampéenne humide. C’est en quelque sorte la capitale de la « Beauce argentine » aux côtés de Rojas et Venado Tuerto où plusieurs semenciers ont leurs champs expérimentaux et leur siège.

À Entre Ríos, la sentence du juge fédéral a été annulée par un décret du pouvoir exécutif de la province, publié le 28 septembre dernier. Le texte a finalement fixé des distances, mais réduites : des ZNT de 100 m et des zones de restriction de 500 m pour les pulvérisations terrestres ; et des ZNT de 500 m et restrictives de 3 km pour les pulvérisations aériennes.

Une sentence annulée par le pouvoir exécutif en Entre Rios