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Phytos : trois quarts de la SAU mondiale exposés à un risque de pollution

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Dans une étude publiée le 29 mars dans la revue Nature Geoscience, des chercheurs australiens estiment que près des trois quarts de la surface agricole mondiale présenteraient un risque de pollution aux pesticides par au moins une molécule. Ce risque est évalué au travers d’une note agrégée prenant en compte des analyses sur 92 molécules différentes. Pour chacune d’entre elles, les scientifiques ont comparé la concentration dans l’air, l’eau ou la terre, obtenue par un modèle géographique basé sur les assolements, avec les concentrations sans effet chez les vers de terre, les poissons, ou les rats. Le tout permettant d’obtenir un score de risque réparti en plusieurs classes, de négligeable (score inférieur à 0) à très élevé (supérieure à 3).

Cette note serait supérieure à 3 pour près de 31,4 % de la surface agricole mondiale, et plus globalement supérieure à 0 pour 74,8 % des terres cultivées. À l’échelle de l’Europe géographique, notent les chercheurs, 62 % de la surface agricole présenteraient par ailleurs un risque élevé. La Russie, l’Ukraine, et l’Espagne seraient les pays comprenant la plus grande partie de ces surfaces. En termes de nombre de molécules, si 63,7 % de la surface mondiale présente un risque de pollution pour plus d’une molécule, près de 20,9 % de la surface seraient susceptibles d’être contaminés par plus de dix molécules. Le phénomène serait particulièrement accentué en Chine, où 8,4 % de la surface présentent un risque de contamination élevé pour plus de vingt molécules.

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Comparant les utilisations aux recensements d’espèces, les chercheurs estiment enfin que 34 % des surfaces agricoles à haut risque au niveau mondial se trouveraient dans des régions « accueillant une forte biodiversité », définies comme celles comprenant plus de 323 espèces de tétrapodes. En conclusion, les auteurs recommandent la création d’une stratégie mondiale « pour évoluer vers une agriculture et une alimentation durable, avec des applications réduites de pesticides, et une diminution du gaspillage alimentaire ».

34 % des zones à haut risque dans des régions à forte biodiversité