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Phytos : un scénario de vente sur prescription sur la table

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La vente de phytos sur prescription est un scénario qui « mériterait d'être approfondi », selon les conclusions d’une mission au sein des ministères de l’Agriculture et de la Transition écologique.

Il s’agirait, « à l'échéance d'une dizaine d'années », d’instituer l’obligation d’un conseil prescriptif comme préalable à l’achat de pesticide par l’agriculteur, selon un rapport le 14 mars du CGAAER (Conseil général de l'agriculture) et du CGEDD (Conseil général de l'environnement).

La loi Egalim prévoit la séparation des activités de conseil et de vente de phytos. Dans le rapport du CGAAER et du CGEDD, qui en mesure les conséquences, figurent plusieurs recommandations reprises dans le projet d’ordonnance. Mais les auteurs vont plus loin en supposant « l'émergence et la montée en puissance du métier de phytiatre, associées à une obligation de prescription » avant tout achat de produit phytopharmaceutique, qui deviendraient « incontournables ».

Ce scénario s’appuie sur des perspectives d’évolution du marché : le développement de molécules actives à très faible dose, l’utilisation d'outils de pulvérisation très précis, la distribution de phytos par des opérateurs (ceux de l'internet en particulier) de plus en plus éloignés du terrain. Cela créerait, d’après le rapport, un besoin d'adaptation fine, jusqu'au niveau intra-parcellaire, de l'utilisation des produits. D’où la nécessité pour l’exploitant d'avoir recours à « un conseil de plus haute technicité », et de renforcer l'obligation de prescription avant achat.

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Liste positive de spécialités

« L'hypothèse de conditionner la distribution de produits phytosanitaires à une prescription comprenant une liste positive de spécialités, fait pour l'instant figure d’épouvantail pour la profession agricole qui estime que le niveau de formation des chefs d’exploitation leur permet de prendre les décisions par eux-mêmes, ce qui n’est pas démontré dans tous les cas », relèvent les ingénieurs du CGAAER et du CGEDD. Toutefois, ce scénario mériterait, selon eux, d' « être approfondi à titre prospectif afin, à l'échéance d'une dizaine d'années, d’instituer l’obligation d’un conseil prescriptif » qui constituerait une condition préalable à l’achat de produits phytopharmaceutiques par un exploitant agricole. « Ce conseil serait ponctuel et directement prescriptif (ordonnance phytosanitaire préalable à la délivrance) et viendrait en complément du conseil annuel proposé plus avant (en assurant un suivi pour ne pas rentrer dans un programme systématique annuel). »

La mission pointe l'émergence du métier de phytiatre, avec obligation de prescription