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Phytos : une séparation « radicale » entre vente et conseil

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La nouvelle version du projet d’ordonnance sur la séparation de la vente et du conseil des phytos définit la notion de conseil spécifique, et en écarte les distributeurs de phytos. Une position « radicale » que dénoncent la FNA et Coop de France.

La FNA (négoce agricole) et Coop de France ont dénoncé le 14 novembre la nouvelle version du projet d’ordonnance sur la séparation de la vente et du conseil des phytos qui « radicalise » sa mise en œuvre. Il s’agit de « réserver le conseil spécifique à l’utilisation de produits phytopharmaceutiques aux seules structures de conseil indépendant », alerte la FNA dans un communiqué sur la proposition dévoilée le même jour aux professionnels. Et de critiquer un manque de concertation, l’absence d’étude d’impact, comme le regrette aussi Coop de France dans un autre communiqué.

Distinct du conseil annuel obligatoire, le conseil dit spécifique « fait l’objet d’une préconisation écrite qui précise la substance active et la spécialité recommandées, la cible, la ou les parcelles concernées, la superficie à traiter, la dose recommandée et les conditions de mise en œuvre », selon le texte dont Agra Presse s’est procuré une copie. Les distributeurs de phytos ne pourraient plus l’exercer.

Suppression de « plusieurs milliers d’emplois »

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« Le gouvernement va priver les agriculteurs d’un accompagnement de proximité indispensable et remettre en cause le lien essentiel entre les agriculteurs et les attentes des consommateurs », déclare Christian Pèes, président de Coop de France Métiers du grain. Cette « déstructuration de l’organisation actuelle du conseil » va conduire à la suppression de « plusieurs milliers d’emplois », estiment les deux organisations.

Le projet d’ordonnance « supprime de fait la faculté pour les coopératives agricoles de répondre à leurs obligations en matière de diffusion de solutions alternatives au travers du dispositif des CEPP » (certificats d’économie de produits phytos), souligne Coop de France, une analyse que partage la FNA. Des négociants qui fustigent une « déstructuration des démarches de filières avec l’interdiction implicite de l’accompagnement des itinéraires culturaux par les organismes de collecte ». Pour le président de la FNA Antoine Pissier, « la France risque de marginaliser économiquement encore un peu plus son agriculture, sans gains environnementaux ni sanitaires ».

Un conseil spécifique exercé uniquement par les structures indépendantes