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Phytosanitaires : Bruxelles va proposer de ne pas réautoriser le chlorpyrifos

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La Commission européenne va proposer de ne pas réautoriser l’insecticide chlorpyrifos, à la suite des premiers résultats négatifs ressortis de son évaluation des risques. L’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) a en effet indiqué le 2 août que le chlorpyriphos ne « remplissait pas les critères requis pour un renouvellement de son autorisation ». Cette substance active est à la base de plusieurs insecticides autorisés dans l’Union européenne, mais est déjà interdite dans huit États membres. L’Efsa mène, depuis plusieurs mois, une évaluation des risques de cette substance dans le cadre de la demande de renouvellement de son autorisation qui expire le 31 janvier 2020. Cette évaluation n’est pas terminée, mais l’Efsa indique avoir déjà identifié de « possibles effets génotoxiques », ainsi que des « effets neurologiques pendant le développement », sur la base d’études épidémiologiques sur les enfants. Les produits à base de chlorpyriphos sont interdits en France, sauf pour la culture des épinards, laquelle bénéficie d’une dérogation.

Un projet de règlement proposant de ne pas renouveler l’autorisation du chlorpyrifos est déjà en préparation à la Commission européenne. « La Commission va prendre des mesures de non-renouvellement d’autorisation pour le chlorpyrifos éthyl et méthyl. Leur autorisation expire en janvier 2020. Nous élaborons un projet pour que ces deux substances soient interdites », a confirmé la porte-parole de Bruxelles à la Sûreté alimentaire, Anca Paduraru. Ce texte sera soumis à un vote des experts des États membres en comité permanent dans les prochains mois.

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La Californie aussi

La Californie a décidé d’interdire l’usage du chlorpyrifos sur son territoire, ont annoncé mercredi les autorités sanitaires de cet État. L’Agence américaine de protection de l’environnement a pourtant décidé mi-juillet de ne pas interdire le chlorpyrifos, après une longue période d’examen. Mais, pour la Californie, cette interdiction sur son territoire « découle des preuves croissantes […] montrant que cet insecticide a des répercussions graves sur la santé des enfants et autres populations sensibles, à des degrés d’exposition plus faibles qu’on ne le pensait précédemment », en particulier sur « le cerveau et le développement neurologique », ont expliqué dans un communiqué conjoint l’agence sanitaire et le service de régulation des pesticides californiens.