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Pôle IAR (agro-ressources) Picardie et Champagne-Ardenne veulent attirer l’industrie de la biomasse

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Les régions Picardie et Champagne-Ardenne veulent attirer les industries de la biomasse, en encourageant la production de valeur ajoutée. Tel est le message des deux régions délivré à l’assemblée générale du pôle de compétitivité Industrie et Agro-ressources (IAR), qui s’est tenue le 7 novembre à Chantilly (Oise).

«L’intérêt de la région (Picardie) pour la biomasse est celui d’un défi, environnemental, social et économique. Notre objectif est bien de tirer le maximum de valeur ajoutée de notre ressource et cela tout au long de la filière, et dans le plus grand respect de sa production », a déclaré Anne Ferreira, vice-présidente de la région Picardie à la deuxième édition des Entretiens du pôle IAR, qui se sont tenus le 7 novembre à Chantilly.
Picardie et Champagne-Ardenne, les deux régions qui hébergent le pôle IAR, misent sur les agro-ressources comme moyen de créer des activités, si possible à valeur ajoutée.
Avec trois millions d’hectares de terres agricoles des plus fertiles, la Picardie et la Champagne-Ardenne sont les premiers producteurs français de luzerne, d’orge, de chanvre, de pomme de terre de fécule et de protéagineux et les deuxièmes producteurs français de colza, de betterave sucrière, de blé et de pomme de terre, a rappelé le pôle.
 
L’agriculteur, force de proposition pour accroître la valeur ajoutée
Il s’agit de transformer ces matières premières en substrats d’industries produisant des biens élaborés, alimentaires ou non. En complément des valorisations alimentaires historiques, « le développement de nouvelles utilisations de ces agro-ressources représente, pour les agriculteurs des deux régions, l’opportunité de diversifier leurs productions avec de nouveaux débouchés », a ainsi complété le pôle IAR, qui a affirmé le modèle territorial de la bioraffinerie, c’est-à-dire proche des agriculteurs. C’est l’opposé d’une vision latifundiaire où l’agriculteur ne serait plus un partenaire participant aux solutions mais un producteur de matière première à prix toujours plus bas.
« Nous n’imposons pas notre modèle de bioraffinerie au monde, mais le nôtre est celui de la proximité avec les producteurs et proche des territoires », a précisé Dominique Dutartre, président du pôle, devant des invités européens, américains, brésiliens, chinois et indiens.
En effet, l’enjeu industriel n’est pas déconnecté de la finalité agricole, qui est de permettre une production agricole mondiale suffisante, et dégagée de la dépendance aux ressources fossiles, qui se raréfient, et dont les prix augmentent, a souligné Dominique Dutartre.
 
Valoriser les usages alimentaires et non alimentaires sans les opposer
Lors de cette seconde édition des Entretiens du pôle IAR, un autre message a été délivré, celui de la complémentarité des valorisations non alimentaires (pour la chimie, la plasturgie, les bio-matériaux) et l’agroalimentaire. « Nous partageons avec les différents acteurs de la filière une vision stratégique de la ressource qui permet de la valoriser au mieux par différents usages sans les opposer. Ainsi, il n’est pas question pour nous que l’alimentaire et le non-alimentaire soient en concurrence alors qu’ils sont, et cela historiquement, complémentaires », a indiqué Anne Ferreira.
Et de conclure : « Il nous faut trouver des cercles vertueux où les productions s’enchaînent et se complètent. L’Inra, sur ce sujet, est aussi un partenaire privilégié ».

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