L’industrie alimentaire vit sous la menace de 800 millions d’euros de taxes supplémentaires, selon le président de l’Ania. En réalité elle tendait le dos depuis des années : à la veille du premier PNNS, l’idée d’une taxe sur les produits gras et sucrés n’avait été écartée qu’en échange d’engagements nutritionnels volontaires de quelques grands groupes puis d’accords collectifs dans certaines branches. Las, aujourd’hui, pour boucler son budget en trouvant quelques recettes, l’Etat fait feu de tout bois, François Fillon invoquant fin août la lutte contre l’obésité et l’alcoolisme pour annoncer des accises spécifiques sur les sodas à sucre ajouté et pour alourdir celles des spiritueux. Rien de mieux pour susciter la colère de Jean-René Buisson qui a démasqué l’alibi de la nutrition qui cache une pure mesure financière. Mais le voilà pris au mot quelques semaines plus tard s’il est vrai qu’un accord a été passé entre le Budget, l’Agriculture et les députés UMP pour proposer un texte où l’argument nutritionnel est tout bonnement effacé… puisque la taxe servirait à financer l’allègement des charges sociales en agriculture. Du coup, elle verrait son assiette élargie à tous les sodas, y compris les allégés qui ont troqué le sucre pour des édulcorants type aspartame. Soit une recette multipliée par trois (de l’ordre de 370 M EUR), afin de rapprocher la compétitivité de « la ferme France » de celle de ses concurrents les plus proches. Une bonne chose en soi pour ses clients industriels mais le signe que leur lobbying s’est trouvé piégé.

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