Pierre Schmidt SAS, spécialiste de charcuteries et de produits traiteur alsaciens, va investir 7 millions d’euros d’ici deux ans dans la construction d’une nouvelle usine contiguë à sa plate-forme logistique de Weyersheim. La société alsacienne, qui affiche un chiffre d’affaires de 61 millions d’euros pour 2004, devrait ainsi augmenter de 40 à 50 % sa capacité de production de produits traiteurs alsaciens, actuellement de 5 300 tonnes par an. La société, un des leaders de la « flammekueche » fraîche, qui prévoit une production totale de 12 000 tonnes pour 2005, va pouvoir fermer son site de production de Schiltigheim, hérité en 1999 du rachat de la société Roger Roposte. La société alsacienne, numéro deux en LS derrière Stoeffler mais leader des ventes à la coupe, vient également de se faire certifier « IFS niveau supérieur », une norme européenne qui pourrait lui être utile alors que son p-d.g. Pierre Schmidt entend faire passer ses exportations de 7 à 9 % de son activité.
Quelque 7 millions d’ici deux ans. Face à l’atonie du marché de la charcuterie, Pierre Schmidt SAS investit dans son activité traiteur. La société, qui compte parmi les leaders français de la « flammekueche » et de la charcuterie alsacienne à la coupe, veut en faire le « fer de lance » de son développement. « Sous deux ans, 7 millions d’euros vont être investis pour pouvoir augmenter de 40 à 50 % notre capacité de production de produits traiteur», indique Pierre Schmidt, actuel p.-d.g. de l’entreprise et petit-fils de Pierre Schmidt, fondateur de la société familiale en 1911.
Un nouveau site de production
Pierre Schmidt SAS, propriété de la holding PSF détenue à 95 % par la famille Schmidt, est aujourd’hui composée de deux sites de production : le site de Weyersheim, 7 500 mètres carrés qui permettent de produire 64 000 tonnes de charcuteries alsaciennes par an, et environ dix kilomètres plus loin, à Schiltigheim, une usine de 8 500 mètres carrés spécialisée dans les produits traiteur. Et entre les deux, une plate-forme logistique de 2 100 mètres carrés, créée en 2003, dotée de 4 quais d’expédition.
Hérité en 1999 du rachat de la société Roger Roposte, le site de Schiltigheim est « une vieille usine saturée et obsolète », selon le dirigeant, d’une capacité de 5 300 tonnes, que ce dernier prévoit de fermer pour mettre sur pied « un nouveau site, plus moderne, collé à la plate-forme logistique qui puisse permettre des gains de productivité ».
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Un marché de niche
La société, qui a réalisé en 2004 un chiffre d’affaires de 61 millions d’euros, écoule 75 % de sa production en GMS. Les produits vendus à la coupe, charcuterie d’accompagnement de choucroute ou divers feuilletés et charcuteries pâtissières, qui représentent 36 % de son chiffre d’affaires, sont en recul. En revanche, le LS (libre-service), 20 % de son activité, est en légère croissance. L’évolution de la charcuterie alsacienne, marché de niche composé de seulement quatre « gros intervenants », « suit celle de la charcuterie traditionnelle, qui stagne autour de +1% », indique Pierre Schmidt. « Le fait qu’Aoste, leader du marché de la charcuterie, n’arrive pas à se vendre, n’est évidemment pas un bon signe », ajoute-t-il, avant de préciser qu’« il n’y a pas progression des volumes. La croissance ne peut s’effectuer qu’en prenant des parts de marché à la concurrence ». Leader sur le marché de la « flammekueche » en marque propre, mais numéro sur deux sur le segment LS derrière Stoeffler, Pierre Schmidt SAS, qui vend 16 % de ses produits sous MDD, mise donc un peu plus sur les produits traiteur.
Mise aux normes européennes
Présente également sur les marchés allemand, suisse et belge, la société alsacienne, qui exporte 6 à 7 % de sa production vient de se faire certifier « IFS niveau supérieur », une norme européenne. « Une demande de nos clients du hard-discount et de la GMS, surtout pour les MDD», explique son p-d.g., dont les trois sites étaient déjà certifiés ISO 9001 version 2000. Une mise aux normes jusqu’à présent assez inédite pour une entreprise de charcuterie, mais qui se révèlera peut-être utile puisque ses « exportations vont monter à 9 %, car il y a de nouveaux marchés à investir ». Pour s’orienter vers les pays de l’Est une implantation serait obligatoire, les DLC des produits frais limitant la possibilité de transport. Mais pour l’instant, « aucune opération de croissance externe n’est en vue », affirme l’héritier de la charcuterie Pierre Schmidt.