Dans le cadre de l’examen du projet de loi sur le pouvoir d’achat, l’Assemblée nationale a adopté, dans la nuit du 21 juillet, un amendement qui légalise l’utilisation d’huile alimentaire usagée comme carburant. Il s’agit des « huiles produites à partir de ou issues des résidus de matières grasses d’origine végétale ou animale utilisées pour l’alimentation humaine, en industrie agroalimentaire, en restauration collective ou commerciale », qui peuvent donc être utilisées « pures ou en mélange », précise l’amendement (n°737) du député Julien Bayou (écologiste, Nupes).
Ce dernier veut « encadrer » une pratique « illégale en France » bien qu’appliquée « de manière clandestine », par ailleurs « très répandue en Europe ». « J’ai […] appris que, bien décantée et filtrée, l’huile de friture pouvait couvrir 30 % d’un plein de diesel et même 100 % avec des moteurs modifiés », a argumenté l’élu écologiste. « Notre amendement peut avoir un effet bien réel et très immédiat sur le pouvoir d’achat, le climat, la lutte contre la pollution et enfin sur notre indépendance énergétique », a-t-il souligné.
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Alors que la commission des Affaires sociales avait rejeté l’idée, la rapporteure de la commission Charlotte Parmentier-Lecoq a donné un avis favorable assorti de deux sous-amendements identiques (n°1158 et n°1159) pour « sécuriser davantage » la mesure sur le plan sanitaire et sur le plan de la pollution atmosphérique. Ainsi, ce nouvel usage de l’huile de friture devra être officialisé par décret, après avis de l’Anses. De plus, les émissions de polluants atmosphériques ne devront pas dépasser celles autorisées actuellement pour les autres carburants et biocarburants. Le gouvernement a émis pour sa part un avis de sagesse.