Faute d’un accord à l’OMC, le Brésil souhaite désormais que le Mercosur privilégie des accords bilatéraux avec l’UE, a affirmé le 24 octobre le président de l’Association nationale des industries exportatrices de viande (ABIEC), Marcus Vinicius Pratini de Moraes, lors d’une conférence de presse au Salon international de l’alimentation de Paris.
« Nous souhaitons que le Mercosur et l’Union européenne concluent des accords qui permettent de voir les taxes européennes sur les importations de viandes baisser de 180 % à 60 %», a déclaré le président de l’ABIEC, ancien ministre de l’Agriculture, de 1999 à 2003. Il a regretté que les exportations brésiliennes de viande bovine – 3,15 milliards de dollars en 2005, soit une hausse de 26 % par rapport à 2004 – n’aient progressé que de 12 % vers l’UE entre janvier et septembre 2006 par rapport à la période correspondante de 2005.
« Très déçu » par les négociations à l’OMC, M. de Moraes estime que l’UE aurait tout à gagner avec des accords bilatéraux avec les principaux pays d’Amérique du Sud, ce qui lui permettrait d’être plus présente dans les secteurs industriels et des services sur ce continent.
Le Brésil est le premier exportateur de viande bovine, avec près de 2,3 millions de tonnes en 2005, soit le tiers du total mondial.
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
OMC : la France en faveur du multilatéralisme malgré tout
Le ministre français de l’Agriculture, Dominique Bussereau, a estimé le 19 octobre que « les institutions multilatérales », comme l’OMC devaient rester le « forum privilégié pour réfléchir, se concerter et décider », mais, a-t-il ajouté, « il n’est pas interdit de réfléchir à une gestion mondiale de l’agriculture qui (...) tiendrait mieux compte de la spécificité » de ce secteur.
M. Bussereau a ainsi donné partiellement raison au Mouvement pour une organisation mondiale de l’agriculture (Moma) qui l’avait invité à participer à ses travaux. Proche des syndicats majoritaires agricoles, le Moma plaide pour que la dizaine de pays ou d’entités qui représentent 90 % du commerce agricole mondial – UE, Etats-Unis, Russie, Chine, Australie, Brésil, Inde, Canada, Argentine et Ukraine – se réunissent, hors de l’OMC, au sein d’un « G-10 agricole » pour définir les « principes de régulation et de gouvernance agricole mondiale ».
A Rome, la ministre italienne des affaires européennes, Emma Bonino, a assuré, lors d’une rencontre le 24 octobre avec le directeur général de l’OMC, Pascal Lamy, que « l’Italie a l’intention de jouer en Europe un rôle d’impulsion et de médiation en vue de la relance des négociations » de Doha.