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Environnement Plaidoyer pour la luzerne

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Les plantes fixatrices d’azote contribuent à relever les défis énergétiques et environnementaux, et, à ce titre, la place de la luzerne dans l’agriculture européenne doit être augmentée, selon les organisations professionnelles et coopératives agricoles de l’UE (Copa et Cogeca). Fortes des conclusions d’une nouvelle méthode d’évaluation mise au point par l’Institut national français de la recherche agronomique (Inra), celles-ci comptent présenter bientôt des propositions sur l’avenir de l’organisation commune du secteur des fourrages séchés.

Economie d’engrais et d’énergie fossile, réductions des surfaces nécessaires pour produire chaque tonne de protéines végétales et par conséquent diminution de la déforestation, lutte contre le changement climatique, diminution de la pollution des eaux : les avantages des plantes fixatrices d’azote, dont la luzerne, sont confirmés par les premiers résultats d’une nouvelle approche méthodologique, l’évaluation environnementale intégrée, mise au point par Arthur Riedacker, directeur de recherche à l’Inra.

En outre, souligne cette étude, les usines de déshydratation présentes dans plusieurs Etats membres de l’UE ont un rôle à jouer dans le développement de sources alternatives d’énergie pour le chauffage domestique (chauffage à pellets).

Améliorer l’efficacité énergétique

La luzerne, analyse M. Riedacker, est d’une grande efficacité territoriale puisque, pour produire une tonne de protéine, une superficie de 0,43 ha est nécessaire avec cette plante contre 1,31 ha avec le soja. Si la culture de la luzerne est moins gourmande en énergie que celle du soja, elle en demande en revanche plus pour son conditionnement, mais, selon le chercheur, « d’autres gains d’efficacité énergétiques sont encore réalisables, notamment en privilégiant la voie humide ».

S’agissant des gaz à effet de serre, la culture de la luzerne nécessite moins d’intrants que le soja et ses émissions par tonne de protéine sont un peu plus faibles. De plus, sa déshydratation avec des combustibles fossiles, de la paille de céréales ou d’autres déchets de biomasse non utilisés évite le déboisement de 0,885 ha par tonne de protéine.

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Par ailleurs, selon cette analyse scientifique, le recours aux produits phytosanitaires dans les luzernières reste limité et la luzerne est une excellente tête d’assolement.

Dans l’élevage, cette filière représente aujourd’hui 10 % de l’offre communautaire de protéines végétales pour l’alimentation animale. Les granulés de luzerne permettent de diminuer d’environ 10 % les émissions de méthane et de réduire la production de méthane par kg de lait produit.

Enfin, les équipements nécessaires à la production de ces granulés peuvent servir à la production de granulés de sciure de bois et d’autres biomasses.