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Biocarburants Plaidoyer pour une utilisation raisonnée des déchets agricoles

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Les biocarburants issus des résidus agricoles présentent une alternative plus durable aux carburants fossiles et aux biocarburants conventionnels. Ils pourraient même permettre à l’Europe de consommer 100 % d’énergies renouvelables à l’horizon 2050. À une condition toutefois, c’est de déterminer dans quelle proportion ces résidus peuvent être utilisés de manière durable. Ce qui implique de mener plus d’études et, surtout, de déterminer le type d’agriculture que l’UE veut promouvoir. Tels sont, dans les grandes lignes, les résultats d’une étude menée par l’ONG environnementale WWF avec le soutien de Novozymes, leader mondial de la production d’enzymes pour la production de bioéthanol.

La Commission de Bruxelles doit encore expliquer comment elle entend intégrer dans ses calculs de « décarbonisation », les biocarburants produits aux dépens de cultures agricoles, phénomène particulièrement alarmant dans les pays en développement (ILUC, Indirect Land Use Change). Les biocarburants à base de résidus – aussi appelés biocarburants de seconde génération – peuvent être produits sur les mêmes terres que les cultures agricoles, rappelle le WWF, et l’UE devrait en tenir compte dans sa politique future en matière l’ILUC.

Des avantages

Selon le WWF, l’utilisation de résidus agricoles, notamment de paille, pour produire des biocarburants de seconde génération permettrait d’atteindre l’objectif de production 100 % d’énergies renouvelables en 2050 dans l’UE. Et elle permettrait de remplacer la moitié des carburants conventionnels dès 2030.
Toujours selon l’ONG, 20 à 40 % des résidus agricoles peuvent être exploités de manière durable en Europe et leur utilisation devrait monter en puissance dès 2020. En 2012, souligne le WWF, la production « classique » de biodiesel et de bioéthanol devrait être de 14,1 millions de tonnes, alors qu’elle pose des problèmes sur le plan environnemental.
« La technologie est maintenant disponible pour transformer les résidus agricoles en biocarburants de seconde génération », estime pour sa part Lars Christian Hansen, président de Novozymes Europe. L’étude réalisée par WWF, poursuit-il, ne représente qu’un premier pas, à charge à présent des décideurs de soutenir les biocarburants de seconde génération tout en garantissant leur durabilité.

Des défis

Se basant sur plusieurs études, et notamment celle produite par l’institut allemand Öko, le WWF insiste pour que soient pris en compte plusieurs facteurs afin d’assurer la durabilité de ces biocarburants de seconde génération.
Ces facteurs comprennent la prise en compte des impacts sur la biodiversité, dans la mesure où l’extraction de ces résidus agricoles peut changer de nombreuses fonctions, telles que les sites de niche. L’extraction de ces résidus peut également avoir des incidences sur l’équilibre de l’humus du sol, tant en qualité de nutriments que dans la capacité de cet humus de retenir le carbone, et l’eau pour éviter l’érosion.

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