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Aides Plan de soutien : faire vite et faire bien

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Faire vite est l’obsession de Bruno Le Maire dans la mise en œuvre du plan de soutien à l’agriculture. Il a promis que « les sommes seront disponibles dès la semaine du 9 novembre ». C’est-à-dire 15 jours après l’annonce dans le Jura du plan par Nicolas Sarkozy. Mais la profession, à l’issue d’une réunion avec le ministre, s’est montrée sceptique. Elle ne disposait que de peu d’éléments sur les critères entrant dans la définition des bénéficiaires de ces aides. Même la FNSEA qui avait accueilli favorablement ce plan, le 27 octobre, se montrait circonspecte.

Le gouvernement veut aller vite dans la mise en œuvre du plan de soutien à l’agriculture annoncé par Nicolas Sarkozy. Le challenge est de taille : il s’agit de faire en quinze jours ce qui mettait traditionnellement plusieurs mois. Bruno Le Maire a promis, le 2 novembre que « les premières sommes (du plan de soutien : NDLR) seront disponibles dès la semaine prochaine ». Cette annonce faisait suite à une réunion avec les syndicats agricoles pour mettre en place le plan de soutien. Une lettre aux préfets et aux directeurs de l’agriculture devait être envoyée dès la semaine du 2 novembre, leur donnant « des instructions pour qu’ils s’assurent de la bonne mise en œuvre de ce plan », a ajouté le ministre.

Un médiateur
Pour faire vite, le principe a été de donner une grande latitude aux banques dont le Crédit agricole qui contrôle 80% des prêts à l’agriculture. Mais il faut aussi leur imposer des paramètres et des critères pour éviter les injustices ou les effets d’aubaine. Le milliard d’euros de prêts bancaires annoncé devrait être réparti selon des critères « d’endettement et de niveau de revenu » des agriculteurs. « Je me méfie de la trop grande complexité des critères dans ce type de mesures », a fait savoir le ministre. L’objectif étant d’aller le plus vite possible, a-t-il répété. « Le taux de ces prêts devrait être le même pour tous à 1,5 % et à 1 % pour les jeunes agriculteurs ». Un des critères de « priorité » pourrait aussi cibler les exploitations à « forte main-d’œuvre ». Le ministre a annoncé la désignation d’un « médiateur de crédit chargé d’aides à trouver des solutions dans les cas les plus difficiles, afin qu’aucun agriculteur ne soit laissé à son sort ». Les antennes décentralisées du ministère devraient aussi avoir leur mot à dire dans la répartition des enveloppes de soutiens.

Les syndicats sceptiques
Le « dialogue » entre les organisations syndicales agricoles et le ministre Bruno Le Maire n’a pas réellement convaincu les syndicalistes, ce 2 novembre. Tous les syndicats s’avouaient sceptiques sur la faisabilité rapide du plan. Même Jean-Michel Lemétayer, le président de la FNSEA, qui avait accueilli favorablement les annonces de Nicolas Sarkozy le 27 octobre comme « allant dans le bon sens », « se demande si on a envie de venir en aide » aux agriculteurs. « J’attends toujours de savoir si on peut faire rapide, simple et efficace ! », a lancé le leader de la FNSEA à la sortie de la réunion. « Ce plan n’est pas à la hauteur de ce que souhaitent les producteurs », a-t-il dit n’excluant pas de « nouvelles manifestations ». En tout cas, aucun chiffre n’a été donné ni sur le niveau des critères ni sur le nombre d’agriculteurs éligibles.

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