Abonné

Pratiques agricoles Plan Ecophyto 2018 : bientôt mille fermes pilotes en France

- - 3 min

Mille fermes en France seront bientôt capables de diffuser des connaissances sur des pratiques agricoles moins gourmandes en intrants et de participer à l’épidémiosurveillance du territoire, a précisé le ministère de l’Agriculture à l’occasion du colloque « Agriculture durable et sécurité alimentaire » organisé par l’ambassade des Etats-Unis le 24 septembre à Paris.

Dans le cadre du plan Ecophyto 2018, le ministère de l’Agriculture a lancé un appel à projet afin de sélectionner 1000 fermes capables d’aider à la diffusion de pratiques durables. Cet appel à projet « suscite un grand engouement » et mille fermes devraient bientôt être sélectionnées, selon Emmanuelle Soubeyran, directrice du service de la prévention des risques sanitaires et de la production primaire au ministère de l’Agriculture (DGAL).
En effet, contrairement aux Etats-Unis qui basent surtout leur sécurité alimentaire et leur développement durable sur les OGM, la France a choisi plusieurs pistes pour réaliser un vaste projet : construire un nouveau modèle agricole durable, a expliqué d’Emmanuelle Soubeyran. Une des pistes suivies est le plan Ecophyto 2018 qui consiste à réduire de 50% l’usage des produits phytosanitaires. Ce plan s’appuie sur trois piliers. Tout d’abord, la diffusion de pratiques durables existantes à travers des fermes pilotes. Mille fermes participeront bientôt à la diffusion de la connaissance et à l’acquisition de données qui permettront de voir jusqu’où l’on peut réduire les produits phytosanitaires. Le deuxième pilier est le développement d’outils et notamment d’un réseau d’épidémio-surveillance (auquel participent les fermes) qui couvre 26 millions d’hectares à travers 8 000 parcelles d’observation. Un bulletin est publié chaque semaine. Enfin, le troisième pilier est la formation des agriculteurs et des utilisateurs de produits phytosanitaires. En 2015, l’ensemble des utilisateurs devra être formé.

L’évaluation des semences évolue

Le ministère encourage également l’innovation. « Les semenciers travaillent à la mise en place d’évaluation de la manière dont se comporte les variétés dans des productions à réduction d’intrants et en situation de stress hydrique. Ils font évoluer l’évaluation des semences », a poursuivi Emmanuelle Soubeyran.
Dans ce contexte, les OGM pourraient être un outil, notamment pour le caractère de résistance d’une plante.
Les innovations ne portent pas seulement sur les semences mais également sur le matériel, sur les produits eux-mêmes, sur les moyens de lutte : bio-contrôle, micro et macro-organismes, phéromones…
La France joue un rôle important de les approvisionnements européens : elle possède 16% de la surface agricole utile de l’Europe et fournit 20% de ses productions végétales. Elle doit faire face à une augmentation importante des insectes nuisibles. Le taux d’arrivée des insectes nuisibles dans les points d’entrée de l’UE a été multiplié par quatre en 15 ans avec quarante nouveaux organismes de quarantaine dont l’action a des conséquences économiques importantes, a précisé Emmanuelle Soubeyran.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.