Plusieurs acteurs de la filière céréalière ont souligné le 10 novembre leur engagement à rémunérer la protéine du blé tendre pour maintenir la dynamique du plan interprofessionnel d’amélioration de la qualité, malgré une récolte décevante.
« Tereos donne une prime exceptionnelle à la protéine pour entretenir la motivation chez les OS (organismes stockeurs) et les agriculteurs » engagés dans le Plan protéines du blé tendre, a indiqué le directeur des achats Rodolphe Quenardel aux Journées techniques de la meunerie et des industries céréalières (JTIC) à Paris. Une démarche saluée par Vivescia. « Certains industriels ont rémunéré la protéine, c’est essentiel », a expliqué le directeur du commerce des grains Alain Caekaert. Et de signaler que la coopérative du grand Est paye de la même façon les agriculteurs : « Il ne faut pas casser la dynamique ». « Allez expliquer qu’il y a de la protéine (dans le blé 2016, NDLR) mais de mauvaise qualité… »
Problèmes de qualité
La récolte de blé tendre occasionne des difficultés pour les utilisateurs, ont souligné les participants à une conférence d’Arvalis. « Les bons taux de protéines et W (force boulangère, ndlr) sont trompeurs : le comportement en panification est globalement moyen à faible dans un grand nombre de situations », a expliqué Benoît Méléard, responsable du pôle Qualité technologique et sanitaire des céréales à l’Institut du végétal. Autre point noir, le PS (poids spécifique) s’avère insuffisant. Les meuniers ont beau faire des efforts de nettoyage, impossible d’atteindre les 76 kg/hl requis, a témoigné Pierre Marteau, directeur technique des Moulins Bourgeois. Vivescia a entrepris dès la moisson un travail d’allotement, suivi par un nettoyage, un calibrage du blé. « Cela génère énormément de petits grains », a dit Alain Caekaert. D’où un compromis à trouver : « Le travail du grain permet de s’approcher des critères qualitatifs du client, encore faut-il ne pas mettre en péril l’approvisionnement jusqu’en fin de campagne ».
Risque de démobilisation
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Admettant le « risque de démobilisation » des agriculteurs, la chef de l’unité grandes cultures à FranceAgriMer Olivia Le Lamer a jugé que « ce n’est pas le moment de baisser les bras » face aux problèmes liées à la moisson catastrophique. « Le taux de protéine est un critère incontournable à l’export » de blé tendre, a-t-elle dit. Ne pas suivre le Plan protéines « serait une grosse erreur, vu le renforcement de la concurrence internationale, les besoins domestiques et dans le monde. »
Vivescia a noté le caractère « frustrant » de la moisson 2016. En dépit d’un taux de protéines exceptionnellement bon, à 13 %, la qualité n’est pas au rendez-vous. « Je n’ai jamais vu les agriculteurs travailler autant pour obtenir une belle récolte, en termes de conditions de semis, de choix variétal, de fumure azotée », a souligné Alain Caekaert. « La nature a tout détruit en quelques semaines. » Le risque, d’après lui, est que les agriculteurs réduisent leurs charges, choisissent de moins bonnes semences, réduisent l’intensification de leur système de culture. Mais Alain Caekaert s’est montré rassurant pour la nouvelle campagne : « Les investissements restent à la hauteur pour assurer une bonne récolte 2017 », a-t-il affirmé, précisant que les apports d’engrais de fond restent équivalents et que l’utilisation de variétés meunières augmente.
« Les investissements restent à la hauteur pour assurer une bonne récolte 2017 », d’après Vivescia