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Plan protéines : la filière priorise la recherche génétique

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Face aux réductions budgétaires attendues sur le Plan protéines, la filière oléoprotéagineux propose de concentrer les aides sur la recherche génétique, en particulier vers le pois protéagineux, où un programme quinquennal estimé à 50 M€ vient d’être lancé.

À l’occasion des Rencontres OléoPro (filière oléoprotéagineuse) le 11 décembre, le président de Terres Univia (interprofession) Benjamin Lammert a demandé la poursuite du financement public du projet de recherche variétale Pea Forever. Destiné au pois protéagineux, ce programme estimé à 50 M€ a été lancé cette année avec un cofinancement des entreprises du secteur. Une première tranche de financement d’environ 5 millions d’euros (M€) est inscrite dans le projet de loi de finances (PLF) pour 2024. Elle vise le premier des quatre projets de ce programme sur cinq ans, dont la moitié du financement est attendue des pouvoirs publics.

Pour l’interprofession, ce projet est jugé prioritaire, dans la mesure où il nécessite des financements immédiatement. D’autres dispositifs du plan protéines sont jugés moins urgents dans la mesure où ils méritent un temps d’analyse des résultats passés (aides à l’équipement agricole, ou aux investissements), ou bien que les équipes de recherche ont atteint des plafonds d’activités (agronomie).

Mais la suite de son financement est encore incertaine dans le contexte de coupes budgétaires et de censure du gouvernement, indique-t-on à Terres Univia. Dans le cadre du PLF 2025 et de son volet plan protéines, la filière a communiqué au ministère de l’Agriculture ses priorités ; elle ne demande plus que 17,25 M€, dont 15 M€ pour Pea Forever – soit bien moins que les 100 M€ prévus dans le texte initial du gouvernement Attal, que le gouvernement Barnier prévoyait de réduire dans sa partie dédiée à la Planification écologie.

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Sept à dix ans de recherche

La filière est pressée, mais ne s’attend pas à des résultats avant plusieurs années. « Il faut sept à dix ans pour obtenir une variété », a indiqué Adrien Dupuy, administrateur de la Fop, lors du congrès. D’ici là, la fédération de producteurs a prévu « deux actions ». Cet hiver, elle a réalisé un inventaire des « points de blocage ». Malgré ses atouts agronomiques indéniables, « les agriculteurs ne font plus de pois, car ils souffrent d’un manque de compétitivité épouvantable par rapport au groupe oléoprotéagineux, a résumé Adrien Dupuy. Il manque une tonne de rendement en pois protéagineux pour être en équilibre avec les autres cultures. »

Le problème est très génétique, mais pas seulement. La technicité des agriculteurs serait aussi en cause : « On s’aperçoit que le pois est devenu une culture administrative, que les agriculteurs implantent pour obtenir des points d’éco-régime, analyse Adrien Dupuy. Si on n’a pas de résultat c’est aussi faute de technique des agriculteurs. » Ainsi, deux groupes d’agriculteurs pilotes vont être montés avec des organismes stockeurs « motivés », pour « prouver que les mauvais rendements ne sont pas une fatalité ».

Pea Forever, 50 millions d’euros de recherche sur cinq ans