La commission de l’Agriculture du Parlement européen a demandé, dans un rapport adopté (par 33 voix contre 9 et 3 abstentions) le 18 septembre, la présentation par la Commission européenne de mesures visant à accroître la production de protéines végétales dans l’UE, mais se montre réticente au développement de la viande cellulaire. Les eurodéputés ont rejeté les amendements de compromis qui saluaient le potentiel de la viande de synthèse. La rapporteure du texte, la Suédoise Emma Wiesner (centriste), était pourtant très favorable à ce que cette viande de laboratoire puisse se frayer un chemin vers les assiettes des consommateurs. Mais la commission de l’Agriculture a finalement estimé que ces aliments « présentent des défis éthiques, sociaux, environnementaux et économiques et que le règlement relatif aux nouveaux aliments n’est pas adapté ».
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Pour développer les protéines végétales, les États membres sont invités à introduire des écorégimes dans le cadre de la Pac pour les légumineuses et les prairies et à créer des fonds dédiés aux protéagineux. La Commission, elle, est appelée à envisager la possibilité de cultiver des plantes riches en protéines pour l’alimentation sur des terres en jachère. Le rapport, qui sera voté en plénière du Parlement européen entre le 16 et le 19 octobre, souligne par ailleurs que la production accrue de protéines peut aider l’UE à améliorer la production de produits bioénergétiques. À cette fin, les députés demandent à la Commission de présenter un règlement en vue d’autoriser l’utilisation des effluents issus de l’extraction des protéines végétales, des résidus agricoles et des déchets de la production alimentaire pour la production de bioénergie. La Commission européenne a annoncé son intention d’adopter une nouvelle stratégie européenne sur les protéines au début de l’année 2024.