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Restructuration/Produits de la pêche Plan social acté chez Marine Harvest qui se recentre sur le haut de gamme

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Les salariés et la direction de Marine Harvest Kritsen sont parvenus à un accord le mercredi 13 novembre sur les dispositions d’un plan social, mettant fin au blocage des sites, même si des actions sporadiques continuent. Le groupe norvégien nous confirme son intention de rester bien présent en France, mais en se recentrant sur des produits à plus forte valeur ajoutée, la production de produits de bas de gamme ne pouvant se faire de manière rentable dans l’hexagone.

La filiale en France du leader mondial des produits de la mer et du saumon d’élevage, Marine Harvest, et les représentants du personnel de ses sites Kritsen de Poullaouen (Côtes du Nord) sont parvenus à un accord sur le contenu et les dispositions du PSE qui accompagnera la fermeture du site breton. Cette fermeture se fera en deux temps, le 31 mai 2014 pour le site de production et en décembre 2015 pour celui en charge des expéditions. Cela entrainera la suppression de 187 postes CDI et 100 emplois CDD. Le plan social prévoit de transférer 80 postes, contre 64 initialement, sur le site Kritsen de Landivisiau où 17 suppressions de postes ont été annulées. Ce plan s’accompagne de mesures sur la formation et l’aide au reclassement et un volet d’indemnités légales en moyenne 8,5 fois supérieures à celles prévues par la convention collective, indique le communiqué de Marine Harvest Europe, la maison mère.
 
Une stratégie pour rester présent en France et en Bretagne
Cette fermeture entre dans le cadre de la restructuration des activités de Marine Harvest en France. Celle-ci a déjà vu la fermeture de l’usine Rolmer de Challans en Vendée, pour laquelle deux projets de reprise de l’usine seraient en cours d’examen, nous indique Siska Bourgeois, directrice RH et Communication Europe. L’usine de Rennes (Chateaugiron), spécialisée dans le saumon frais et surgelé, est en cours de fermeture, avec la perte de 102 emplois. Des créations de poste sont en cours à Lorient dans le Morbihan (4 créations) et Boulogne-sur-Mer dans le Pas de Calais (65 créations), nous précise Siska Bourgeois, mais eu égard à l’éloignement des sites bretons, ces créations sont peu susceptibles d’attirer les salariés licenciés. Le groupe entend « se concentrer sur le moyen de gamme et le haut de gamme, car il est trop difficile d’être compétitif sur le bas de gamme, notamment le surgelé et le fumé, en raison des coûts de main d’œuvre en France », explique la porte-parole du groupe. Quand on lui fait remarquer que le groupe dans son ensemble dégage des bénéfices records, (multiplié par 10 au troisième trimestre, voir Agra alimentation du 24 octobre), Siska Bourgeois répond que « l’activité France ne peut être subventionnée par le reste du groupe, d’autant que de telles pratiques seraient des pratiques assimilables à du dumping et répréhensibles aux yeux de Bruxelles ». La spécialisation des sites du groupe norvégien en Europe est « une approche très logique ». Elle fait valoir que « seule la restructuration de son activité dans le frais à Chateaugiron et le fumé à Poullaouen permettra de garantir la pérennité de son développement. Marine Harvest est un acteur de l’agroalimentaire en Bretagne et souhaite le rester », conclut-elle.

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