Dans le portefeuille des 75 marques de Nestlé Waters, leader mondial de l’eau embouteillée figure un lilliputien, Plancoët. La société située dans la commune du même nom, dans les Côtes d’Armor, commercialise 67 millions de cols par an. Une goutte d’eau dans la masse de 3 milliards de bouteilles mises sur le marché par le groupe agroalimentaire suisse.
La petite usine des Eaux de Plancoët exploite la seule source d’eau minérale de Bretagne. Son marché se résume aux quatre départements bretons, à la Loire-Atlantique et à quelques départements limitrophes (Manche, Calvados, Orne, Mayenne et Sarthe).
Plancoët appartient à Nestlé Waters depuis 1990. Le géant venait de racheter Perrier auquel appartenait Plancoët (depuis 1962) et il n’a pas jugé bon, depuis, de s’en délester. La filiale française de Nestlé Waters, la Société française des eaux régionales, possède « d’autres sources de notre taille », précise le directeur commercial, Bernard Pinel. Plancoët évolue dans un marché de l’eau embouteillée stable en France, au contraire du marché mondial Au plan mondial, Nestlé Waters estime sur son site internet que le marché mondial devrait doubler d’ici à 2012.. « Le marché en France a régressé de 3 % l’année dernière, mais Plancoët a progressé de 2 %, indique Bernard Pinel. Sur les dix dernières années, le marché progressait de 3 à 4 % l’an en France, mais Plancoët de 6 à 7 %. »
Il reste dans l’Ouest, zone commerciale de Plancoët, des perspectives de développement, même si les Bretons consomment déjà un peu plus d’eau en bouteilles que la moyenne des Français : 155 à 160 litres par an et par habitant contre 140 litres pour la France. Plancoët procède depuis l’année dernière à deux forages dans le périmètre proche de sa source historique, la source Sassay pour se doter de nouvelles capacités.
« Il s’agit surtout de suivre la saisonnalité et ne pas investir dans le stockage», précise le responsable d’exploitation, Michel Picard. Coût de l’opération : 350 000 € environ par forage. Des capacités qui n’apparaîtront dans son activité qu’à moyen terme. En effet, quatre années sont nécessaires avant la mise en bouteille.
« Le coût des forages correspond aux 3 à 4 % du chiffre d’affaires que nous réinvestissons chaque année, selon les critères de Nestlé », précise Bernard Pinel. Plancoët a réalisé l’an passé 13 millions € de CA.
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Zéro nitrate
Les derniers grands investissements réalisés par l’Eau minérale de Plancoët remontent à une dizaine d’années. A l’époque, 30 millions de francs (4,5 M €) avaient été investis pour largement automatiser l’usine et lui donner les cadences nécessaires à embouteiller Plancoët et l’eau de source Saint Alix dont la première commercialisation remonte à 1995.
Tout à fait discrète sur ses développements, Plancoët précise qu’elle produit actuellement 23 millions de cols de Plancoët et 44 millions de Saint Alix, avec 40 permanents. Dans une région sensibilisée par la présence de nitrates dans le réseau d’eau potable, l’eau minérale Plancoët se prévaut d’un argument commercial : zéro nitrate.
« La source d’eau minérale se situe au cœur d’un périmètre de protection de 96 hectares sur lequel il n’y a ni élevage ni culture, explique Bernard Pinel. Nous y avons planté 1 000 arbres par an pendant plusieurs années. Nous menons cette politique depuis quinze ans ».
Dans une offre très diversifiée, elle se différencie également par son prix, inférieur aux marques « prémium » : de l’ordre de 36 cents contre 50 cents pour les grandes marques – Saint-Alix est encore au-dessous : 16 à 17 cents le prix de vente consommateur. Les bouteilles de 1,5 l et 50 centilitres représentent 90 % de l’activité.
Mais l’élément de différenciation le plus marqué de Plancoët, c’est son identité bretonne, revendique Bernard Pinel dont l’entreprise adhère à l’association « Produits en Bretagne » et qui participe au financement de festivals et autres événements culturels de la région.