Des prises de parole d’Emmanuel Macron et d’Élisabeth Borne sont attendues début juillet pour donner corps à la feuille de route intitulée Planification écologique. Dans le secteur agricole, la fiscalité du GNR et des engrais sont sur la table à court terme.
Élisabeth Borne présentera ou fera le point sur plusieurs réformes « dans les quinze premiers jours de juillet », a annoncé le 26 juin Emmanuel Macron dans un entretien au journal La Provence, semblant couper court aux rumeurs d’un remplacement imminent de la chef du gouvernement. « Elle a ma confiance puisqu’elle est à la tête du gouvernement », a-t-il ajouté. « On aura dans les quinze premiers jours de juillet à présenter la nouvelle stratégie de finances publiques, les avancées sur l’immigration et la planification écologique, et Élisabeth Borne le fera », a dit le chef de l’État à La Provence. En avril, Emmanuel Macron avait donné 100 jours à Élisabeth Borne pour relancer l’action de son gouvernement. Cette période doit s’achever le 14 juillet. Une prise de parole d’Emmanuel Macron est également attendue début juillet.
À l’occasion d’une conférence de presse le 27 juin, le président de la FNSEA s’est dit « conscient des défis de la transition écologique », mais il a revendiqué des « lignes rouges », au premier rang desquelles « la compétitivité ». Pour Arnaud Rousseau, « il ne doit pas y avoir de perte de compétitivité » de la Ferme France. Et « s’il doit y avoir une baisse de soutien sur les énergies fossiles, cela doit être compensé sur le renouvelable, ou au travers d’autres mesures, notamment fiscales ». Et de citer par exemple la fiscalité des plus-values.
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GNR, engrais, haies
Dans le secteur agricole, les hypothèses provisoires de la nouvelle Stratégie nationale bas carbone (SNBC 3) ont été présentées le 8 juin par le gouvernement, qui doivent encore être précisées. En vue du projet de loi de finances (PLF) pour 2024, chaque ministère doit proposer à Matignon 5 % d’économies (hors salaires) afin de financer la transition écologique (soit environ 300 M€/an pour le ministère de l’Agriculture). Parmi les économies, Bruno Le Maire a indiqué qu’il souhaite supprimer progressivement le tarif réduit du gazole non routier (GNR) agricole, à horizon 2030, en commençant dès le PLF 2024. Le gouvernement réfléchit également à un principe de bonus-malus pour les engrais azotés minéraux selon leur empreinte carbone. Côté dépenses, le ministère de l’Agriculture travaille sur un Pacte pour la haie, dont l’Afac estime le coût à 250 M€/an.
Au-delà du PLF, qui devrait être le véhicule d’une grande partie des mesures, un flou persiste sur la concordance de cette feuille de route avec le projet de loi d’orientation et d’avenir (LOA), qui doit contenir un volet dédié au climat, et dont la présentation était également attendue début juillet.