Si de nouveaux arbitrages sur la planification écologique sont attendus à la fin de l’été, des objectifs annuels ont déjà été dévoilés sur une première série d’indicateurs.
Le président de la République Emmanuel Macron a annoncé le 24 juillet que des arbitrages sur la planification écologique seront rendus à la rentrée. « À la fin de l’été, nous allons présenter, secteur par secteur, la transition et les investissements », a-t-il déclaré dans une interview pré-enregistrée diffusée au JT de 13 heures sur France 2 et TF1, à l’occasion de son déplacement en Nouvelle-Calédonie. « On va demander aux agriculteurs, aux industriels, à nos compatriotes, aux collectivités locales, à l’État, au secteur du bâtiment, à tout le monde… d’avoir des objectifs » en se donnant « les moyens qui vont avec ». Le 9 juillet, la Première ministre Élisabeth Borne avait annoncé 7 milliards d’euros de plus qu’en 2023 pour financer la transition écologique en 2024.
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Dans son intervention, Emmanuel Macron a rappelé que « le cap » de la France est d’obtenir « une forte réduction » de ses émissions de gaz à effet de serre (GES) en 2030, et d’atteindre « la neutralité carbone » en 2050. Des objectifs contenus dans la Stratégie nationale bas carbone (SNBC 3), qui doit être finalisée en cours d’année.
Concernant l’agriculture, la Rue de Varenne envisage de porter à 22 % la baisse d’émissions de GES par rapport à 2015 à horizon 2030, contre une baisse de 18 % prévue dans l’actuelle SNBC 2. Pour 2050, l’objectif demeure inchangé : il est de diminuer les émissions de 46 % tel que le prévoyait déjà la SNBC.
Tableau de bord
Dans la foulée d’un Conseil national de la transition écologique (CNTE) le 12 juillet, le secrétariat national de la Planification écologique (SGPE) a publié une série de premiers indicateurs et un tableau de bord qui posent des objectifs annuels de la transition écologique souhaitée par le gouvernement à horizon 2030.
Ce sont « des points de passage » qui s’imposent « pour pouvoir être cohérent avec le plan d’action », a exposé le secrétaire national Antoine Pellion auditionné par les députés de la commission du Développement durable, le 19 juillet.
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Concernant le secteur agricole, le but est de réduire les émissions de GES de 13 Mteq CO2 entre 2022 et 2030, pour atteindre un plafond de 68 Mteq CO2 émises à cette date. Deux volets du tableau de bord concernent particulièrement les agriculteurs : le volet n°5 (Mieux produire) et le volet n°6 (Puits de carbone).
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Le volet n°5 présente des objectifs annuels pour augmenter la SAU en légumineuses et activer les leviers azote, élevage et machines agricoles. Ainsi, le SGPE table sur une baisse d’utilisation des engrais azotés minéraux à 1 438 milliers de tonnes (mt) en 2027, pour atteindre 1 397 mt en 2030 (contre 1 746 mt en 2022). Il prévoit de réduire les émissions des machines et chaudières à 8,9 MteqCO2 en 2027, afin de descendre à 7,8 MteqCO2 en 2030 (contre 10,7 MteqCO2 en 2022).
Sur le levier élevage, le SGPE table sur une baisse des émissions de méthane à 34,2 MteqCO2 en 2027, pour atteindre 32,5 MteqCO2 en 2030 (contre 36,9 MteqCO2 en 2022). En revanche, le tableau de bord ne comporte pas de chiffrages annuels sur la baisse de la consommation de viande afin d’atteindre l’objectif cible : -5 MteqCO2 entre 2019 et 2030.
Le volet n°6 présente, quant à lui, des objectifs annuels sur l’artificialisation, les prairies, les haies et les forêts. Ainsi, le SGPE prévoit d’augmenter la surface de prairies permanentes à 15,2 Mha en 2027 pour atteindre 15,7 Mha en 2030 (contre 14,8 Mha en 2022). Il vise aussi une augmentation du linéaire de haies à 775 000 km en 2027, pour atteindre 790 000 km en 2030 (contre 750 000 km en 2022).
Par ailleurs, le tableau de bord précise des objectifs annuels sur la hausse des volumes de biocarburants (volet 2, Mieux se déplacer), ainsi que sur la production d’énergie à partir de biogaz, le captage de méthane et la valorisation des déchets (volet 3, Energie).