La solidarité gouvernementale a toujours été exemplaire, comme chacun sait, et aucun ministre ne marche jamais sur les plates-bandes d’un autre… Pour les incrédules, Bruno Le Maire a même fait cette réponse aux Echos : « Il est exclu de faire passer des amendements concernant la loi de modernisation de l’économie dans le texte de modernisation de l’agriculture et de la pêche ». Habitués pourtant des cavaliers budgétaires et des textes fourre-tout, les députés qui voudraient, comme certains sénateurs le mois dernier, profiter du vote de la LMA pour corriger les méfaits de la LME pour les fournisseurs agricoles – et surtout industriels – en seront pour leurs frais, et toute la filière agroalimentaire avec eux. C’est niet, au prétexte que la grande distribution n’est pas du ressort du ministre de l’Alimentation mais de celui de Christine Lagarde et d’Hervé Novelli. Ce qui n’empêche pas Bruno Le Maire de vouloir avec son texte introduire plus de transparence dans les prix et les marges : l’apport de données à l’Observatoire sera rendu obligatoire de même que l’engagement des industriels dans des contrats pour tout approvisionnement en produits agricoles. Ainsi la France veut-elle donner l’exemple en Europe : elle milite pour que la PAC post 2013 sur laquelle tout le monde planche actuellement impose le même genre de dispositifs à tous nos partenaires. C’est bien l’aveu que, malgré son ambition de redonner à la ferme France la compétitivité perdue par rapport à nos concurrents intra-européens, la LMA sera manifestement de peu de poids par rapport aux orientations communautaires. Et qu’à part les mécanismes d’assurance contre des aleas climatiques ou sanitaires, l’essentiel se jouera dans la volonté ou non de Bruxelles de mener une vraie politique de régulation.

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