La start-up lilloise spécialiste du champignon bio et de l’économie circulaire lancera au dernier trimestre de mini-boulettes et d’un steak végétal issus de la valorisation des pieds de pleurotes. Elle prépare une levée de fonds de 1,5 M€ pour accélérer la commercialisation de ses produits.
Spécialiste de la culture de champignons bio sur substrats (marc de café recyclé, paille bio et mycélium), Pleurette a lancé, en novembre, sa gamme de produits alimentaires élaborés grâce à la valorisation des pieds de pleurotes qu’elle cultive avec d’autres variétés (shiitake, eryngii et nameko) dans ses champignonnières de Lomme et de Fâches-Thumesnil (métropole lilloise). Cette gamme comprend trois références de sauces (tomates, duo de poivrons et olives) et autant de tartinables apéritifs (piment d’Espelette, ail et fines herbes et tomates séchées). Elles se déclinent en deux marques, Pleurette pour les réseaux spécialisés dans le bio, et La Révolution Champignon, pour la grande distribution conventionnelle (Agra Alimentation du 19 juillet 2018). "En cinq mois, nous avons vendu 9 600 pots dans 81 points de vente des Hauts-de-France, soit un chiffre d’affaires de plus de 27 000 €, ce qui a permis de valoriser 1,2 tonne de pieds de pleurote", annonce Jürgen Engerisser, co-fondateur de Pleurette avec Gabrielle Radoux.
Atteindre le référencement national
C’est un début encourageant pour la start-up lilloise (12 salariés) qui compte accélérer la commercialisation de ses produits. Pour l’instant, les 81 points de vente qui les référencent sont exclusivement nordistes et majoritairement spécialisés (Biocoop, Naturéo, Label Vie, Prise direct' et BBG), seule l’enseigne Leclerc (7 magasins et 8 drives) les propose parmi les généralistes. "Nous voulons désormais étendre leur référencement aux centrales d’achat nationales avec lesquelles nous commençons à avoir des rendez-vous", précise Jürgen Engerisser. Un objectif important au moment où la TPE annonce deux nouveaux lancements issus, là encore, du même coproduit. Le premier, prévu en octobre, concerne trois références de boulettes végétales (chili, curry et persillées), le second, annoncé pour janvier, est un steak 100 % végétal. "Comme tous nos produits, ils sont élaborés sans gluten, sans soja et sans aucun additif, à partir d’ingrédients locaux. Ils satisfont les vegans et contiennent 50 % de coproduit pour les boulettes et 80 % pour le burger. Au-delà de leurs qualités nutritives et gourmandes, ces innovations sont moins caloriques, nos boulettes, par exemple, ne comptent que 100 calories pour 100 grammes, soit deux fois moins que des falafels traditionnels", poursuit-il.
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Pour réussir ces lancements et accélérer leur pénétration commerciale au plan national, Pleurette a besoin de lever rapidement 1,5 M€ auprès des banques et de fonds d'investissement. Alors que la société vient d'être à nouveau récompensée par le premier prix Capdev Invest'in Stories de la CCI des Hauts-de-France – une distinction honorifique mais non financière – et lors du Biobase 4SME Biocamp (programme Biovale d'Interreg), elle constate que rassembler des financements reste une épreuve pour une start-up.
En mars 2019, elle a clôturé son deuxième exercice avec un chiffre d'affaires de 440 k€ (en hausse de 33% sur ses 18 premiers mois d'activité). Un chiffre certes au-dessous de son objectif initial de 550 k€, mais le deuxième semestre a été pénalisé par les mouvements sociaux qui ont perturbé l'activité commerciale et logistique de nombreuses enseignes de la grande distribution, notamment dans les Hauts-de-France. Compte tenu du lancement récent des sauces et tartinables, plus de 90% des ventes proviennent des champignons frais, principalement des pleurotes et shiitakes. Pleurette prévoit de doubler son chiffre d'affaires pour l'exercice en cours.