Selon le Laboratoire national de protection des végétaux de Montpellier (LNPV), 174 spécimens de chrysomèle du maïs (Diabrotica virgifera) ont à ce jour été identifiés en Ile-de-France, près de la commune de Pierrelaye (Val-d’Oise). Les parcelles concernées sont en monoculture de maïs depuis 5 ans, car situées sur des zones polluées où étaient anciennement épandues les eaux usées de la commune de Paris. Que vont devenir ces terres qui ne pourront plus accueillir de maïs ni d’autres cultures en 2005 et 2006 ? Trente-huit agriculteurs sont concernés par le problème.
Cent-soixante-quatorze, c’est le nombre de cas officiels de Diabrotica virgifera virgifera qui ont été identifiés le 26 août par le Laboratoire national de protection des végétaux de Montpellier (LNPV) dans les champs de maïs près de la commune de Pierrelaye dans le Val-d’Oise. La commune se trouve à une quarantaine de kilomètres d’un aéroport, celui de Roissy, zone où avaient déjà été repérés des spécimens l’année dernière, avec une autre près de l’aéroport d’Orly et une troisième en Alsace. Philippe Reynaud, entomologiste au LNPV de Montpellier, se veut rassurant, « à l’heure actuelle, il n’y a presque plus de larves ». Les risques sont maintenant très limités pour la campagne en cours.
La rotation culturale reste très efficace
Toutes les zones où est apparue Diabrotica en France depuis 2002 ont l’obligation d’adopter la rotation culturale, suite à un arrêté ministériel de la même année. Cette méthode efficace, ajoutée à une lutte chimique aérienne dite « ciblée », a fait ses preuves. « Une rotation détruit 98 % des œufs sur une parcelle infectée», indique Bruno Ferreira, responsable du Service régional de la protection des végétaux (SPRV) d’Ile-de-France. Ainsi, cette année en Alsace sur les parcelles touchées en 2003, aucun cas n’a en effet été relevé. La zone dite « focus » (définissant un cercle de 5 kilomètres autour du foyer) ne peut recevoir de maïs pendant une durée de deux ans consécutifs. Mais encore faut-il pouvoir procéder à cette rotation.
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La monoculture de maïs se situait sur une zone polluée
Les 38 agriculteurs touchés cette année en Ile-de-France ne pourront pas adopter la rotation culturale, leurs terres étant depuis de nombreuses années polluées (plomb, zinc, mercure), suite aux épandages d’eaux usées de la ville de Paris. En effet, seule la culture de maïs, peu exportatrice de métaux lourds selon le SPRV d’Ile-de-France, était autorisée sur cette zone. Que vont donc devenir les agriculteurs et les terres de ces zones touchées ? Christian Leyrit, préfet du Val-d’Oise, qui tenait le 26 août une réunion de crise avec les agriculteurs concernés, la FDSEA et la chambre d’agriculture, indique que « la préfecture a engagé des démarches pour permettre de répondre le plus rapidement aux problèmes des agriculteurs touchés». Pour la campagne 2005, toutes les terres concernées seront mises en jachère et « des discussions sont en cours avec Bruxelles et l’Etat français pour permettre de compenser le manque à gagner pour l’exploitant entre les aides pour les jachères et les revenus réels de l’agriculteur », ajoute-t-il. Mais pour 2006, rien ne semble encore défini.