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Economies d’énergie Plus d’un tracteur sur deux est suralimenté en carburant

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A l’heure où flambent les prix du pétrole, l’Association d’initiatives locales pour l’énergie et l’environnement (Aile) vient de publier une synthèse instructive des 5 500 contrôles qu’elle a réalisés sur les moteurs de tracteurs de l’ouest de la France. Bilan : plus d’un tracteur sur deux est suralimenté en carburant. Selon Aile, un bon réglage du moteur peut permettre d’économiser 900 litres de fioul par an et par engin.

Economiser l’énergie n’est pas un vain mot pour l’Association d’initiatives locales pour l’énergie et l’environnement (Aile) dont la mission est depuis 1995, date de sa création, de favoriser la maîtrise de l’énergie en milieu agricole et rural. Active sur tout l’ouest de la France (Pays de Loire, Bretagne, Seine-Normandie) l’association vient de dresser un bilan des 5 500 contrôles qu’elle a menés depuis 1997 sur les moteurs de tracteurs. Le constat est éloquent : plus d’un tracteur sur deux est suralimenté en carburant, ou ne correspond pas aux puissances annoncées par le constructeur (40% sont surpuissants, 15% manquent de puissance). De plus, un tracteur sur trois a des problèmes de combustion ; la moitié des engins a un débit de pompe à injection qui ne correspond pas au réglage du constructeur ; 10% des tracteurs présentent un mauvais calage de pompe à injection et 20% ont des injecteurs en mauvais état. Et tout ceci a un coût...

Une économie de 1,5 litre/heure

Selon Aile, un bon réglage du moteur permettrait d’économiser 1,5 litre de fioul/heure de travail, soit 900 litres par an en prenant comme référence un tracteur de 100 ch effectuant

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600 heures par an. L’opération permettrait d’économiser 2,5 tonnes de CO2/an/tracteur. Déduction faite du coût du diagnostic (96 euros HT), le réglage du moteur offrirait à l’agriculteur un gain net de 220 euros la première année, et de 315 euros les années suivantes, explique Armelle Damiano, chargée de mission à Aile Sur la base d’un prix du fioul de 0,35 euro/litre. L’association, dont le banc d’essai permet de diagnostiquer 8 tracteurs par jour, fait valoir que l’opération est utile quel que soit l’âge du tracteur : un diagnostic dans l’année d’achat du tracteur permet de faire jouer la garantie si un réglage s’avère nécessaire ; pour les vieux tracteurs, un bilan de santé permet d’éviter une éventuelle « casse ». En « cours de vie », un diagnostic tous les 3 ans est recommandé. La Fédération nationale des Cuma (coopératives d’utilisation de matériel agricole) réfléchit actuellement à la mise en place de 5 bancs d’essai sur toute la France, permettant d’homogénéiser les protocoles existant et les données fournies lors des diagnostics (quelques régions, telles que Poitou-Charentes ou Bourgogne, disposent d’un banc d’essai mais différent de celui utilisé dans l’Ouest).