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Performance énergétique Plusieurs milliers de diagnostics vont débuter dans les exploitations

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Trente-cinq millions d’euros seront consacrés en 2009 au plan de performance énergétique des exploitations agricoles, a confirmé Michel Barnier le 3 février. Ces crédits financeront la réalisation d’une première série de diagnostics énergétiques chez les agriculteurs et permettront de subventionner des projets de maîtrise de la consommation d’énergie et de production d’énergies renouvelables. Six conventions avec des partenaires publics et privés accompagnent le dispositif.

«Il faut montrer à tous les agriculteurs que c’est possible ». C’est en invoquant « une nécessité économique et écologique » que Michel Barnier a lancé officiellement le plan de performance énergétique des exploitations agricoles. Entouré de Patrick Devedjian, ministre de la Relance économique, et de Judith Jiguet, directrice de cabinet de Chantal Jouanno, le ministre de l’Agriculture a confirmé que 30 millions d’euros seront débloqués dans le cadre du plan de relance de l’économie pour soutenir les projets et équipements de maîtrise de la consommation d’énergie et de production d’énergies renouvelables chez les agriculteurs. Tous les exploitants pourront bénéficier de ces aides, ainsi que les coopératives d’utilisation du matériel agricole en commun (Cuma). Pourront également être soutenus les bancs d’essai tracteur – dès lors que l’investissement à une dimension collective – et les unités de méthanisation (voir encadré).

Expérimenter en régions

Le plan présenté par Michel Barnier donne surtout le départ d’une première série de diagnostics énergétiques dans les exploitations, financée à hauteur de 5 millions d’euros par le ministère. Sur le terrain, la dynamique sera relayée grâce à six conventions signées entre les énergéticiens (GDF-Suez, EDF), le monde agricole (APCA, FNCUMA, Sofiprotéol, Cristal Union) et les pouvoirs publics (ministère de l’Agriculture, Ademe). Le territoire rural devrait donc se transformer en 2009 en vaste champ d’expérimentation « diagnostic énergétique ». Que prévoient ces conventions ?

– Sofiprotéol : 1000 diagnostics dès 2009

Sofiprotéol, l’établissement financier de la filière des huiles et protéines végétales, s’engage à contribuer à la réalisation de diagnostics énergétiques. Les objectifs sont les suivants : 1 000 exploitations en 2009, 2 500 en 2010 et 4500 en 2011. Pour y parvenir, Sofiprotéol incitera les exploitations à effectuer un diagnostic dans le cadre de la contractualisation triennale qui lie producteurs collecteurs et industriels. En outre, la filière de production de biodiesel s’engage à améliorer sa performance énergétique en analysant notamment chaque année les pratiques parcellaires. Le nombre de fiches parcellaires analysées passera de 10 000 en 2009 à 20 000 en 2011.

– Cristal Union : 2 500 diagnostics d’ici 3 ans

Cristal Union, union de coopératives agricoles implantées en Champagne-Ardenne, Alsace et dans le bassin parisien (production de sucre, d’alcool et d’éthanol) s’engage à inciter à la mise en œuvre de diagnostics auprès de la moitié de ses membres – et de leurs adhérents – afin d’atteindre environ 2500 diagnostics d’ici 3 ans.

– EDF : 1,5 M€ pour 5 000 diagnostics

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Le ministère de l’Agriculture, l’APCA (Assemblée permanente des chambres d’agriculture) et EDF se sont engagés à constituer un groupe de travail destiné à rendre les diagnostics énergétiques éligibles au dispositif des certificats d’économie d’énergie (CEE). Les diagnostics seront co-financés par EDF, le ministère de l’Agriculture et les exploitants eux-mêmes, indique la convention dont la durée est fixée à 5 ans. Deux phases sont prévues. La première, en 2009, prévoit la mise au point d’une méthode à partir d’un échantillon de 500 exploitations agricoles choisies de manière concertée sur plusieurs régions. EDF co-financera cette première phase à hauteur de 150 000 euros. Une seconde phase de 4 500 diagnostics sera ensuite réalisée, en priorité sur les exploitants fortement consommateurs d’énergie, les irrigants par exemple. Le calendrier retenu est le suivant : 1 000 diagnostics en 2010, 1500 en 2011, et 2000 diagnostics au-delà. EDF s’engage à financer cette seconde phase à hauteur de 1,35 million d’euros, à la condition toutefois qu’une fiche d’opération standardisée rende éligible les diagnostics énergétiques aux certificats d’économie d’énergie.

– GDF-Suez : 400 diagnostics dès 2009

GDF-Suez s’engage à réaliser 400 diagnostics énergétiques en 2009 dans les exploitations agricoles, 1000 en 2010, et 1200 par an de 2011 à 2013. Le diagnostic s’appuiera sur l’outil « Planète » de l’Ademe et sera complété par un volet principalement axé sur le gaz naturel. GDF-Suez élaborera également d’ici fin 2009 un auto-diagnostic permettant au serriste de renforcer ses compétences dans le suivi énergétique de son site. Par ailleurs, l’énergéticien vient de créer une entité dénommée Expert Gaz Agriculture chargée de désigner des experts en région dont le travail sera de réaliser ou faire réaliser les diagnostics. GDF-Suez s’engage également à proposer d’acheter les certificats d’économie d’énergie (CEE) à tout agriculteur ayant fait établir un diagnostic GDF-Suez.

– FNCUMA : la priorité aux bancs d’essai moteur

Les pouvoirs publics ont l’intention de lancer un appel à candidature national pour la réalisation de diagnostic énergétique des tracteurs. Actuellement, seuls 5 bancs d’essai moteur fonctionnent pour toute la France, alors que les tracteurs et les automoteurs représentent les 2/3 de la consommation finale d’énergie directe de l’agriculture. La convention signée avec le ministère de l’Agriculture prévoit que la FNCUMA « mobilisera son réseau de fédérations de Cuma et ses partenaires pour contribuer au succès de l’appel à candidatures, et à l’animation technique nécessaire au fonctionnement des nouveaux bancs d’essais moteur ». Michel Barnier a par ailleurs confié au Cemagref la réalisation d’une classification énergétique des tracteurs neufs, en complément au travail conduit par la FNCUMA sur les tracteurs d’occasion. La formation des agriculteurs à la conduite économe sera encouragée.

L’Europe appelée à la rescousse

Au-delà de 2009, Michel Barnier table sur la mobilisation de crédits du 2 e pilier de la PAC et du plan de relance économique européen pour financer, avec les crédits des partenaires, les actions de ce plan de performance énergétique. « Sur 2009-2010, on ne sera pas loin des 100 millions d’euros », estime le ministre. Une enveloppe qui, en juin dernier, avait été jugée nécessaire pour la seule année 2009.

Les pouvoirs publics visent la réalisation de 100 000 diagnostics en 5 ans.