Paul Ducasse a troqué récemment sa casquette de directeur général de la chocolaterie Weiss contre celles de p.-d.g. et premier actionnaire – non majoritaire – de l'entreprise. Il l'avait rejointe quatre ans plus tôt, après un parcours chez Total, avec le désir de rester à St-Etienne et d'achever sa carrière dans une PME. La société bénéficie alors d'un potentiel de développement, qui n'est pas assez exploité. La nécessité de relocaliser et moderniser l'usine sera le prétexte aux discussions avec la famille fondatrice, qui choisit finalement, à l'automne dernier, de passer la main, assurée de voir pérenniser la dernière chocolaterie indépendante, implantée dans ce qui fut au XIXe siècle la capitale du chocolat. Dès lors Paul Ducasse réunit autour de lui des actionnaires privés regroupant des cadres et la société de négoce Eternal Luxury, spécialisée dans les produits gastronomiques. Renforcée sur ses bases, avec un capital doublé à quelque 1,3 million d'euros, Weiss réussit à convaincre les banquiers pour le financement à moyen terme destiné à la nouvelle usine (au moins 5 millions d'euros d'investissement), en dépit de leur prudence devant la flambée des fèves de cacao, survenue au moment des négociations. Les réticences ont été vaincues grâce à la qualité du produit, la stratégie proposée qui envisage notamment l'accès à de nouveaux marchés, et aux prévisions de gains de productivité qu'engendrera la création du nouveau site, explique le p.-d.g. Désormais, Weiss a l'ambition de développer l'image de sa marque – elle veut être l'authentique chocolat de la gastronomie française – , de sortir de sa région. En termes de résultats, elle entend d'ici dix ans, doubler ses 8 millions d'euros de CA et approcher une rentabilité de 5% contre l'équilibre aujourd'hui.