L’aura planétaire d’un pape peut faire pâlir de jalousie les grandes marques qui pourtant ont tellement misé sur la globalisation. Sans doute parce que les «valeurs» que véhicule Coca-Cola, qui n’est quand même pas de nulle part, ne sont pas si universelles que cela ! Dans l’actualité de la société marchande, qui reprend déjà le dessus, c’est d’ailleurs un chaud partisan des marques locales, Patrick Ricard, qui fait la manchette des journaux. Plutôt que de fêter les trente ans de son groupe, il nous ménage même une transition, nous faisant lâcher le spirituel pour le monde … des spiritueux, les moins terre-à-terre de nos nourritures terrestres.

L’objectif qu’il poursuit sans relâche, c’est d’accéder à la première marche du podium dans ce secteur : Pernod Ricard, devenu il y a peu n°3 mondial, reconnaît maintenant qu’il jetterait bien son dévolu sur le n°2, Allied Domecq, afin de réaliser cette ambition. Seulement, il lui faudra davantage de souffle pour y arriver que lorsqu’il s’est allié à Diageo pour décrocher les alcools de Seagram. D’où le «deal» envisagé avec l’américain Fortune Brands, un conglomérat suffisamment diversifié pour digérer tout ce qui dans le portefeuille de sa nouvelle proie ne collerait pas avec la stratégie de Patrick Ricard. Ou ce que le gendarme de la concurrence ne lui permettrait pas de conserver pour lui.