S'il y a une unanimité qui se fait dans le contexte actuel de l'élevage, c'est que la crise est structurelle et mérite des mesures structurelles. Que le cours du porc dépasse 1,40 euro le kilo à Plérin, que le prix du lait s'améliore de 50 centimes de litre, que les prix de la viande bovine s'apprécient d'une ou deux dizaines de centimes le kilo, ce sont des objectifs atteignables avec un peu de volonté des opérateurs.
En revanche, que l'élevage, activité de transformation par essence, devienne durablement compétitif par rapport à d'autres pays européens, c'est un tout autre défi.
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Lorsque Xavier Beulin insiste, dans ses demandes aux pouvoirs publics, sur des mesures structurelles permettant aux élevages de se moderniser, de revoir leurs bâtiments, d'investir dans des techniques innovantes, il fait implicitement la critique des politiques antérieures.
Depuis plusieurs décennies, après la dernière grande mesure structurelle qu'était la loi sur l'élevage de fin 1966, il faut bien reconnaître que l'essentiel de la politique dans ce domaine consistait en aides directes. Aides liées ou non au nombre d'animaux, versées par l'Europe ou par la France, elles consistaient à compenser sous forme de revenu complémentaire, la médiocrité des cours des marchés. Sans aucun effet sur la nécessaire modernisation, la qualité ou la recherche de valeur ajoutée. A la limite, elles pouvaient même produire un effet contraire. Et puis, en cas de crise, la panoplie classique, encore utilisée aujourd'hui, des prises en charges de cotisations, taxes et autres intérêts d'endettement, permettait à une partie – seulement – des éleveurs les plus en difficulté, de passer les mauvais jours. Cette ère, qu'on peut bien appeler chiraquienne, est révolue. Plus encore, on en paie le prix de l'imprévoyance aujourd'hui. Il est temps de sortir de cette politique de l'élevage... essentiellement politique. Hervé Plagnol, rédacteur en chef