Mariann Fischer Boel a délibérément choisi de faire la sourde oreille, de ne pas entendre les appels à la prudence des producteurs de vin rosé. L’autorisation du coupage est devenue, pour elle, une question de principe : fini les règlements tatillons qui empêchent quelques industriels de produire comme bon leur semble. Mais cette « liberté » dont la commissaire européenne vante les mérites – un jour pour les concombres, le lendemain pour le vin – est-elle compatible avec sa promesse d’aider les agriculteurs à faire toujours plus « de la qualité, de la qualité et encore de la qualité » ? Mme Fischer Boel reconnaît, elle-même, que les produits européens réputés sont « le fruit de décennies, sinon de siècles, de souci de l’excellence ». Il n’est pas aberrant de penser que les pouvoirs publics, qui ont jusqu’à présent toujours accompagné par la législation les efforts des producteurs, n’y sont pas pour rien. Abandonner l’interdiction du coupage entre vin blanc et vin rouge ne fera certes pas complètement disparaître du paysage les rosés traditionnels. Mais il est sûr qu’ils seront largement submergés par l’arrivée sur la marché de vins blancs colorés. Produits en trop grande quantité dans la Communauté et destinés, tant que Bruxelles le finançait, à être distillés, ils seront désormais « rosis » à bon compte. Est-ce cela une politique de qualité ?
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