Dans son rapport annuel d’évaluation des politiques agricoles publié le 6 novembre, l’OCDE constate que si les aides publiques à l’agriculture baissent par rapport à leur niveau de 2021, elles ne sont toujours pas suffisamment orientées vers les objectifs critiques dans les domaines de l’innovation, de la productivité et de la durabilité. Pour Mathias Cormann, secrétaire général de l’OCDE, « le niveau général des subventions agricoles demeure élevé, et une bonne partie de ce soutien dessert ces objectifs essentiels. Des réformes bien pensées sont la clé de nouveaux progrès ». Dans le détail, les 54 pays étudiés ont consacré en moyenne 842 milliards de dollars (Md$) par an au soutien à l’agriculture pour 2021-2023 (contre 851 Md$ pour 2020-2022). La Chine, les États-Unis, l’Inde et l’UE ont représenté respectivement 37 %, 15 %, 14 % et 13 % du total, montrant, selon l’OCDE, une concentration des soutiens.
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Toutefois, l’organisation mentionne qu’« à peine 20 % du soutien aux agriculteurs est assorti d’une contrainte obligatoire, fondée sur une réglementation environnementale ou autre ». Et d’ajouter que « seulement 5 % sont mis à profit pour encourager l’application de mesures facultatives ou supplémentaires en faveur de l’environnement ». Par ailleurs, seulement 12,6 % du total ont été consacrés aux services d’intérêt général (comme l’innovation, la biosécurité ou les infrastructures), en baisse par rapport au début 2000. Pour répondre à ces défis, l’OCDE suggère notamment aux pouvoirs publics de donner « des objectifs clairs aux stratégies en faveur de la croissance durable de la productivité », « de recenser et ajuster les mesures préjudiciables pour l’environnement », de « faire de la gestion et de l’utilisation durables des ressources naturelles un élément essentiel de la politique agricole » ou encore « d’axer les systèmes d’innovation sur l’amélioration de la productivité et des performances environnementales ».