L'agence de l'eau Artois-Picardie a lancé un nouveau régime d’aide français de 35 M€ destiné à soutenir les agriculteurs dans leur transition vers des cultures et pratiques protectrices de la ressource en eau, qui vient d'être validé par la Commission européenne le 10 avril. Treize zones sont concernées, ultra-prioritaires, soit « 14 000 ha et 750 agriculteurs cibles », précise à Agra Presse Patrice Bizais, chef de service à l’Agence de l’eau Artois-Picardie. Les agriculteurs sont incités à remplacer certaines cultures par d’autres nécessitant moins de pesticides et d’engrais et/ou à utiliser moins de pesticides et d’engrais azotés sur leurs cultures existantes. Les subventions visent à compenser les surcoûts et les pertes de bénéfices, dans le cadre de contrats de cinq ans.
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
« C’est un régime expérimental et ambitieux », explique Isabelle Vincent, d.g. adjointe de l’agence, avec pour les agriculteurs des sommes « bien supérieures » à celles qui peuvent être obtenues « dans le cadre des PSE existants » (paiements pour services environnementaux). Pas de montant maximal indiqué, plusieurs facteurs entrant en jeu. Un exemple approximatif ? « Sur une marge brute de blé à 1 042 €, la compensation serait de l’ordre de 540 € », illustre Patrice Bizais. Sur les nouvelles cultures, Mme Vincent cite l’exemple du sarrasin, de la lentille, du miscanthus, du chanvre, de la luzerne ou des mélanges de légumineuses. La Commission européenne a validé ce régime d’aide car elle a estimé que celui-ci est « nécessaire et approprié » pour « encourager les agriculteurs à adopter des mesures visant à mieux préserver les ressources en eau et à développer leur activité de manière plus durable » et qu’il est « proportionné », « limité au minimum nécessaire », avec « une incidence limitée sur la concurrence et les échanges entre les États membres ».