Publiée le 15 mai dans la revue Agriculture Economics, une étude suisse met en évidence la place importante des « pesticides cosmétiques » dans la pomiculture, c’est-à-dire des produits qui ont pour principale fonction d’améliorer la qualité visuelle des pommes. Un peu moins d’un quart (23,5 %) des pomiculteurs suisses interrogés (près de 200) disent utiliser des pesticides « qui servent principalement à améliorer les qualités visuelles des pommes ». Près de 60 % disent utiliser un traitement chimique pour l’éclaircissage des pommiers, afin d’améliorer la taille et la couleur des pommes – ce traitement chimique peut inclure des pesticides ou des traitements à base de phytohormones. « On peut considérer que vouloir des gros fruits est un souci esthétique, mais éclaircir, c’est aussi s’assurer de ne pas alterner et d’avoir des fruits tous les ans », réagit Daniel Sauvaitre, président de l’Association nationale pommes poires (ANPP).
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Ces taux sont plus élevés dans les filières longues que les filières courtes. Une étude parue en février montrait que les maraîchers français qui écoulent une partie de leur production en direct, en plus de vendre en circuit long, réduisent de 72 % leur utilisation de pesticides de synthèse. En 2021, des chercheurs américains avaient déjà mis en évidence l’importance des « pesticides cosmétiques » dans les productions de tomate et de raisin de table en Californie. Le terme de pesticides « cosmétiques » ou « utilisés à des fins esthétiques » est également utilisé au Canada pour qualifier des politiques visant à encadrer l’usage dans les parcs et jardins.