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Régulation Pommes de terre : l’UNPT recommande une baisse des surfaces

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L’Union nationale des producteurs de pommes de terre (UNPT) recommande une baisse des surfaces françaises de pommes de terre pour réguler un marché trop fortement excédentaire. Son président, Patrick Trillon, a indiqué lors de son congrès qui s’est tenu le 2 février à Reims, que les surfaces emblavées en pommes de terre devraient passer de 110 000 en 2011 à 100 000 hectares pour les emblavements 2012, ce dernier montant correspondant à l’équilibre du marché. Une donnée à prendre en compte sur la carte des grandes cultures.

«Nous sommes tous responsables, sachons nous limiter », a déclaré Patrick Trillon, s’adressant spécialement aux producteurs, lors du 9e congrès de l’UNPT, les appelant à contribuer à la régulation du marché de la pomme de terre de conservation, en réduisant leurs emblavements pour 2012. « L’équilibre (du marché), au vu des rendements actuels, se situe pour la pomme de terre de conservation à 100 000 hectares », a-t-il estimé. Cette recommandation de réduire de 10% les superficies fait suite à une situation de chute brutale de l’exportation en cette campagne 2011/2012, alors que c’est l’exportation qui a assuré la croissance du marché tout au long des dix dernières années. Pour le président de l’UNPT, « il n’existe pas de moyens magiques permettant de réguler l’offre ». Sauf accident climatique à un endroit du globe, le marché mondial de la pomme de terre « sera déséquilibré » en 2011/2012.

Choix des variétés : le rendement, mais surtout la qualité

Ce 9e congrès de l’UNPT a été l’occasion de débattre de la crise de surproduction de la pomme de terre : est-elle conjoncturelle ou structurelle ? Faut-il promouvoir des variétés productives ou qualitatives ? Quelles pistes pour sortir de la crise ?
Pour Jean-Luc Gosselin, directeur du CNIPT, le Comité national interprofessionnel de la pomme de terre, « il ne faut pas analyser les choses en fonction de cette année », concernant l’effondrement des exportations que l’on constate depuis quelques mois. Certes, il faut faire preuve de vigilance sur les marchés espagnol et italien, sur lesquels la filière exportatrice française est devenue trop dépendante. Mais des débouchés s’ouvrent à la pomme de terre française dans les pays de l’Est de l’Europe, en raison de sa qualité. Abaisser les niveaux de qualité pour réduire les coûts et devenir plus compétitifs « serait une erreur considérable », a souligné le directeur du CNIPT.
Outre ces marchés porteurs, celui de la chips est en croissance, a ajouté Arnaud Delacour, président du secteur de la pomme de terre au Copa (Comité des organisations de producteurs agricoles de l’UE). À telle enseigne que la chips française s’exporte maintenant en Amérique du Sud, voire en Afrique du Sud.
Un congressiste a fait remarquer que les producteurs continuent à miser sur des variétés à haute productivité parce qu’ils « n’ont pas le choix » : les industriels ne sont pas prêts à payer plus cher la matière première, et donc les prix « ne vont pas en augmentant ».
Mais si le rendement doit être recherché pour tendre à la compétitivité, la pomme de terre française « est plus attendue sur sa qualité que sur son prix », a souligné Dominique Pere, directeur général de la société de négoce et de conditionnement Champart. Dominique Pere a ajouté que parfois « les producteurs font trop de concessions » sur les prix : des producteurs vendent en vrac sur la base de 100, puis en conditionné sur la base de 100. Une partie des producteurs et des négociants ont « un déficit complet de stratégie économique », a-t-il conclu.

La clé de la réussite, c’est l’organisation des acteurs

Parmi les pistes évoquées pour sortir de la crise, ce qui ressort est l’unité et l’organisation de la filière. Pour Pascal Foy, vice-président de l’UNPT, la clé de la réussite « s’appelle CIVC (comme Comité interprofessionnel du vin de Champagne) » : ce qui fait que le champagne représente les trois quarts de la valeur de la production agricole de la Marne, c’est le fait que dans cette interprofession, « on y retrouve les producteurs, les négociants, et même les pépiniéristes ».
Invité à témoigner du secteur betteravier, Éric Lainé, président de la Confédération générale des planteurs de betteraves (CGB), a rappelé que les différentes familles de la filière betterave-sucre (producteurs et industriels) soutiennent systématiquement les projets portés par les coopératives parce que dans ces structures, producteurs et industriels « tirent dans le même sens ». Mais à terme, si les quotas sucriers sont supprimés, il faudra que les producteurs aient « un réel pouvoir de négociation » avec les industriels.
Christophe Roturier, directeur délégué de Max Havelaar France, a lui aussi livré son témoignage. Il a indiqué que son entreprise, qui consiste à convaincre le consommateur de payer plus cher un produit qui rémunère les producteurs sans prélèvement de la valeur ajoutée par les intermédiaires, tient grâce à « un engagement de tous les acteurs de la chaîne ».

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