Alors que les Français consomment de plus en plus de pommes sous forme de produits transformés (compotes, jus, etc.), la valorisation de ce segment de marché tend à s’améliorer côté producteurs. « Il y a trois ans, les pommes destinées à l’industrie se vendaient à environ un tiers du prix de celles destinées au frais. Aujourd’hui, on est plutôt à la moitié », a estimé Pierre Venteau, directeur de l’ANPP (producteurs de pommes et poires, FNSEA), lors d’une conférence de presse à l’occasion du salon Prognosfruit le 7 août. Au niveau européen, « la consommation de pommes en frais est à peine stable et la récolte plutôt faible depuis deux, trois ans. Les volumes destinés à l’industrie (30 % du marché européen, NDLR) se raréfient et les prix montent », analyse-t-il. Par ailleurs, en Pologne, premier producteur de l’UE, le prix des pommes transformées en jus augmente dans le sillon de la flambée du jus d’orange.
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« Nous voulons donner leur pleine valeur à ces pommes », martèle le président de l’ANPP Daniel Sauvaitre, qui veut qu’elles soient payées « à leur coût de revient » aux producteurs. Souvent déclassés pour des raisons esthétiques, les fruits destinés à l’industrie présentent « une valeur intrinsèque » et participent à la qualité des produits transformés, selon lui. « Les foyers français achètent en valeur davantage de pommes transformées que de pommes fraîches », a relevé M. Sauvaitre. « C’est une évolution qui nous interroge », appuie celui qui est aussi président d’Interfel, notant un « glissement des comportements vers la praticité », surtout de la part des plus jeunes.