L’Europe puissance agricole et alimentaire peut-elle affamer ses pauvres ? En tout cas, les 27 ministres de l’Agriculture sont incapables de maintenir à son niveau actuel l’aide alimentaire aux personnes démunies qui existe depuis 1987. Sauf accord de dernière minute, qui supposerait que la République Tchèque se sépare des Etats membres qui constituent une minorité de blocage, le budget du programme sera divisé par plus de quatre pour tomber à 113,5 M EUR annuels. S’abritant derrière une approche juridique de la Cour de justice, Berlin et Londres ont rallié les Pays-Bas, les Danois, les Suédois et les Tchèques à leur thèse : la politique agricole commune sort de son rôle vu qu’il n’y a plus de stocks d’intervention et  l’Union n’a pas à faire d’achats massifs sur les marchés. L’Europe sociale n’existant guère, l’action humanitaire qui profitait à 18 millions de démunis risque l’asphyxie pour 2012 et 2013 au prétexte que, selon les traités, la Commission n’a pas de vraies compétences en matière sociale. Si la solidarité est affaire purement nationale, quel visage offre l’Europe à ses citoyens ? La France, qui émarge pour 72 M EUR pour son secteur caritatif, a bien le soutien d’une majorité du Conseil, mais qui ne suffit pas, et son intense lobbying vise à éviter le pire. Malgré une meilleure logistique et des liens resserrés avec les donateurs (usines et enseignes), Croix Rouge, banques alimentaires et autres ne comprennent plus : après tant d’argent mobilisé pour sauver les banques !

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

aide alimentaire
Suivi
Suivre