Plaidant pour une généralisation du porc mâle entier, l’association « pour le bien-être porcin et contre la castration » appelle les éleveurs à écrire au ministre de l’Agriculture. Son objectif : 5 000 signatures.
Lors de sa réunion générale le 1er juin, l’association « pour le bien-être porcin et contre la castration » a appelé tous les éleveurs français à envoyer un courrier au ministre de l’Agriculture afin qu’il « n’autorise la dérogation à l’arrêt de la castration des porcelets que si elle est indispensable ». La castration à vif des porcelets sera interdite au 1er janvier 2022, et une instruction ministérielle est attendue pour préciser dans quelles conditions certains éleveurs pourront continuer à castrer, par dérogation et sous anesthésie et analgésie. Du point de vue technique (qualité du gras), la castration est encore indispensable notamment pour la fabrication de charcuterie sèche. L’association pour le bien-être porcin veut que cette dérogation se déroule « dans le cadre d’accords entre producteurs, groupements et abatteurs sous la responsabilité du vétérinaire mandataire de leurs élevages ».
« Pas dans les préoccupations » des distributeurs
Le collectif compte récolter 5 000 signatures d’éleveurs, en « demandant à tous les groupements et à Uniporc de relayer notre demande », précise son président Jean-Jacques Riou à Agra Presse. « Nous espérons que le ministre donnera satisfaction à plusieurs milliers d’éleveurs plutôt qu’à quelques abatteurs », lance cet ancien président du Marché du porc breton (MPB). Pour son association, une réponse négative du ministre « sera interprété [e] comme un recul du gouvernement » sur le bien-être animal, et « pourrait être qualifiée d’illégale », car « contraire aux textes qu’elle entend préciser » (arrêté du 24 février 2020 et décret du 18 décembre 2020).
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Une large partie de l’amont porcin – notamment en Bretagne – penche pour l’arrêt pur et simple de la castration (mâle entier), synonyme d’économies chiffrées à « 10 € par porc » par M. Riou. Mais Culture viande (abatteurs) s’y refuse, craignant une dégradation de la qualité de la viande. Une position « suicidaire et totalement incompréhensible », pour M. Riou. « Nous ne demandons pas un centime, nous voulons juste faire des économies pour être compétitifs », insiste-t-il. Sans généralisation du porc mâle entier, « nous serons à 20 millions de porcs en 2025 », prédit-il, contre 23 millions en 2020. Par ailleurs, l’association pour le bien-être porcin a rencontré Leclerc et Intermarché pour plaider sa cause. Sans succès : « Ils font totalement confiance à leurs fournisseurs, le porc mâle entier ne fait pas partie de leurs préoccupations. »