La Commission européenne a dévoilé, le 30 août, certaines des mesures qu’elle privilégie pour aider le secteur de la viande porcine, dont une meilleure coopération entre les organisations de producteurs, le développement de la filière bio, ou encore une meilleure utilisation des biodéchets. Elle a surtout appelé les États membres à utiliser les outils disponibles dans la Pac.
Fin janvier, le groupe de réflexion sur la viande de porc de l’UE avait présenté ses recommandations en faveur d’un secteur plus durable, et le Conseil Agriculture, qui en a discuté en mars, a appelé la Commission européenne à faire des propositions dans plusieurs domaines (outils pour les organisations de producteurs, valorisation des sources de protéines de l’UE, promotion des normes de qualité et de production de l’UE…). Mais celle-ci estime que ce sont surtout les États membres de l’UE qui doivent agir en utilisant les possibilités de soutien offertes, notamment, grâce aux plans stratégiques de la Pac. Lors d’un débat en commission de l’Agriculture du Parlement européen sur l’avenir du secteur porcin, le représentant de la Commission a rappelé qu'à l’instar des producteurs de volailles, le secteur porcin ne peut pas bénéficier d’une aide couplée, car « il profite déjà du soutien public par le biais des céréales que les porcs consomment ».
La Commission a estimé que le secteur porcin devait se restructurer et promouvoir ses produits, la production bio constituant « une des possibilités pour développer un secteur compétitif ». Une meilleure coopération entre les éleveurs devrait leur permettre « de se regrouper, de parler d’une seule voix et de mieux organiser la vente des produits et générer des prix plus attrayants dans la chaîne de valeur », selon Bruxelles.
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Traitement du lisier
La Commission soutient un meilleur recyclage grâce au traitement des effluents. Ceux-ci peuvent être utilisés dans l’UE, dès lors qu’ils respectent la limite de 170 kg d’azote par hectare. Et Bruxelles réfléchit à la façon de mieux promouvoir l’usage circulaire des biodéchets, dans le contexte de l’évaluation de la directive Nitrates. Sur la base de cette évaluation, la Commission décidera s’il est utile de faire des propositions pour permettre une plus grande utilisation des effluents ou lisiers recyclés.
L’eurodéputé Daniel Buda (PPE, roumain) a précisé que la production de viande porcine dans l’UE était attendue en baisse de plus de 7 % en 2023 et que le Copa-Cogeca redoutait même, à terme, une réduction d’un quart de cette production. Plusieurs députés, dont Irène Tolleret (Renew Europe, française), ont pointé du doigt le problème de la concentration du secteur. En effet, 2 % seulement des producteurs porcins en Europe détiennent 75 % de la production.