Le groupe coopératif Cooperl a réduit sa production l’an passé. Mais son chiffre d’affaires a progressé. Ce qui ne freine pas le vent de la contestation d’une partie de ses éleveurs qui réclament une autre politique.
La motion de révocation du conseil d’administration de la Cooperl récemment déposée par une partie de ses adhérents a été rejetée, ont annoncé les dirigeants de la coopérative porcine le 18 juin. Le motif : alors que les contestataires revendiquaient 10 % des adhérents, ils s’étaient basés sur le nombre d’adhérents actifs (3 038 en 2022), alors que le groupe a indiqué compter en tout 4 660 adhérents, sans distinguer les adhérents « actifs » des adhérents irréguliers. Cette année, la Cooperl a uniquement communiqué ce nombre total d’adhérents, ce qui n’a rien d’anodin.
Pour autant, les contestataires devraient défendre leur position en assemblée générale du groupe, le 21 juin. Ils espèrent aussi placer leurs hommes au conseil d’administration (36 membres), dont le tiers sera renouvelé. « Après, c’est la démocratie qui s’exprimera », dit Bernard Rouxel, président de la Cooperl, numéro deux du porc en France. Les dirigeants du groupe coopératif font face depuis plusieurs mois à une contestation d’une partie de leurs éleveurs. Ces derniers reprochent à leur coopérative de payer un prix déconnecté de celui pratiqué en France sur la base des cotations du Marché du porc français (ex-Marché du Porc Breton).
Production à 3,7 %, contre -4,7 % en France
En conférence de presse le 18 juin, M. Rouxel et son directeur général Emmanuel Commault se sont évertués à démontrer que « le prix payé par la Cooperl n’est pas inférieur au prix pratiqué en France, contrairement à ce que certains croient ». Ce prix « complet » est même de 1,88 €/kg en moyenne depuis cinq ans, contre 1,85 €/kg sur la base du prix FranceAgriMer, qui représente « 60 % des abattages en France », précise M. Commault. Dans cette démonstration devant les journalistes adressée aux frondeurs, les dirigeants de Cooperl ont égrené différents indicateurs (indice de consommation, marge brute par truie, etc.) qui témoignent, assurent-ils, de meilleures performances pour les éleveurs Cooperl.
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Basée à Lamballe (Côtes-d’Armor), la Cooperl a enregistré l’an passé une baisse de 3,7 % de sa production (à 5,2 millions de porcs produits par les éleveurs adhérents), ont aussi indiqué ses dirigeants. Il s’agit d’une baisse un peu inférieure à celle de la production en France (-4,66 %), dans un contexte de forte décapitalisation dans la filière porcine. Le groupe emploie 7 400 salariés et affiche un chiffre d’affaires de 2,921 milliards d’euros (+ 4,6 %). Cette chute de la production fait suite, pour la Cooperl, à un recul de 2,8 % l’année précédente. La baisse d’activité a concerné également les abattages, en recul de 4,3 %, à 4,4 millions de porcs. Ces porcs proviennent d’élevages dont le nombre n’est pas donné pour 2023. Le seul chiffre connu est celui de 2022 : 2 950 producteurs.
Enfin, le groupe a décidé de redistribuer partie de son résultat net (6,7 millions sur 16,4 M€ en 2023) sous la forme de parts sociales d’épargne pour consolider le capital social, jugé trop faible (47 M€) par rapport aux fonds propres du groupe (444 M€).