Abonné

Marché du porc et du bovin viande Porc et bovin, un marché verrouillé artificiellement ?

- - 3 min

Jean-Pierre Fleury, secrétaire général de la Fédération nationale bovine, et Paul Auffrey, secrétaire général de la Fédération nationale porcine, ont discuté de l’écart qui existe entre la soi-disant loi du marché et la réalité du terrain, dans une conférence de presse, le 26 octobre.

Lors d’une conférence de presse, le 26 octobre, Jean-Pierre Fleury, secrétaire général de la Fédération nationale bovine, et Paul Auffrey, secrétaire général de la Fédération nationale porcine, ont dénoncé « un marché verrouillé » de la viande de porcs et de bovins. « FranceAgriMer, l’Institut de l’élevage, etc., tous donnent des chiffres qui montrent un marché de la viande bovine où la production est déficitaire en Europe. La disponibilité des pays tiers à l’import reste faible. La consommation est bonne d’après les différents panels de consommation. Tous ces éléments indiqueraient une hausse des prix à la production », commente Jean-Pierre Fleury. « Or, les prix ne sont pas là, donc, pour lui, le marché est verrouillé artificiellement ». La vache laitière de réforme a perdu 0,04€/kg alors qu’il « n'y en a plus ni en France, ni en Allemagne. Les jeunes bovins…, il n'y en a plus. La matière première n’est plus là et les prix ne suivent pas ». Selon lui, « les actions syndicales au niveau des cotations ont permis de démontrer que le marché est verrouillé ». Il dénonce aussi Carrefour avec son appel d’offres de 17 000 tonnes de viande perdu par la France, Casino, « le roi du Brésil, qui a su profiter de cet été pour faire rentrer de la viande plein les magasins », Metro et Pomona « qui ne font leur fortune et leur richesse qu’au travers des productions des pays tiers » ou encore Auchan « avec sa viande à moins de 1€/personne ».

La grande distribution, pas innocente

Paul Auffray a le même sentiment pour la viande porcine. « Le prix est déconnecté de l'offre. Les acheteurs veulent tel prix, quel que soit le niveau de l'offre ou de la demande. Ils achètent un prix avant un volume », déclare-t-il amèrement. Pour lui, le marché du porc breton en est une excellente illustration, puisque les acheteurs se regroupent et « font le prix » avant d’acheter. « Si le prix n’est pas le leur, ils mettent les salariés de leurs abattoirs en RTT le vendredi suivant », révèle-t-il. Par ailleurs, il rappelle que « le marché porcin est un marché européen sur lequel les industriels s’arbitrent et où le dernier kilo acheté sert de référence ». Quant à la Fédération des entreprises du commerce et de la distribution (FCD), « on a l’impression d’avoir été roulés dans la farine », ajoute-t-il. Pour Jean-Pierre Fleury, « le gain de productivité des éleveurs de ces dernières années est devenu comme une habitude sur laquelle les industriels se sont reposés pour pallier leur manque de compétitivité. » En interprofession, les deux secrétaires généraux dénoncent la politique de la chaise vide menée, par exemple, par le Syndicat des industriels de la viande (Sniv-SNCP). « Pour se comprendre, il faudrait au moins être là », réaffirme avec conviction Jean-Pierre Fleury, qui n’hésite pas à rappeler les opportunités présentées par les pays tiers « puisque les industriels français ne veulent pas de la production française ».

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

consommation
Suivi
Suivre