Dans l’Empire du milieu, les effectifs de truies seraient quasiment revenus à leur niveau de 2017, avant l’arrivée de la peste porcine africaine (PPA), a annoncé le ministère chinois de l’Agriculture. Une hypothèse peu probable selon l’Ifip.
Les autorités chinoises ont annoncé le 16 juin que le cheptel de truies est remonté à 98,4 % de son niveau de fin 2017, soit avant l’épizootie de peste porcine africaine (PPA), rapporte Reuters. Dans une déclaration à la télévision publique CCTV, le ministère chinois de l’Agriculture affirme que le nombre de truies aurait augmenté de 19,3 % en mai 2021 par rapport à mai 2020. Une hausse qui atteindrait 23,5 % pour l’ensemble du cheptel porcin. Depuis l’arrivée de la PPA en août 2018, l’Empire du milieu, premier producteur et consommateur de porcs au monde, a perdu 40 % de son cheptel. « Nous pouvons maintenant dire avec une totale confiance que la mission de trois ans pour la restauration de la production porcine a été remplie plus vite que prévu », a déclaré Xin Guochang, le représentant du ministère.
Peu d’observateurs occidentaux pour cause de Covid
Cette annonce coïncide avec le recul des importations et la baisse du prix du porc en Chine, signes d’un surplus d’offre. Mais le retour au niveau d’avant la PPA apparaît « peu probable » aux yeux de Boris Duflot, directeur du pôle Économie de l’Ifip (Institut français du porc). Selon lui, la baisse du prix chinois peut aussi être due à « une vague importante d’abattages liée à la recrudescence » de la maladie. Quant à la baisse des importations, elle peut aussi s’expliquer par « un recul saisonnier des achats ».
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« Il y a un mois, les autorités chinoises ont séparé le territoire en cinq zones entre lesquelles elles ont interdit le transport d’animaux vivants », ajoute M. Duflot. Une évolution qui « corrobore l’hypothèse que la situation sanitaire n’est pas stabilisée ». « Peut-être que la Chine cherche à accréditer son scénario de reconstitution du cheptel et à faire pression à la baisse sur les prix des produits importés », analyse-t-il. Tout en remarquant que l’absence d’observateurs occidentaux pour cause de Covid-19 « facilite la communication de ce nouveau scénario ».
De son côté, l’interprofession française Inaporc dispose d’un salarié sur place. Son directeur Didier Delzescaux reste prudent, constatant que « les chiffres officiels confirment la reprise du cheptel chinois », sans la chiffrer. Par ailleurs, une hausse du cheptel ne se traduit pas mécaniquement en une augmentation comparable du potentiel du production : « Beaucoup de cochettes destinées à l’abattage ont été replacées en reproduction, mais les performances zootechniques ne sont pas les mêmes », ajoute M. Delzescaux. Quoi qu’il en soit, « même s’il peut toujours y avoir des soubresauts dans l’offre et la demande, la Chine devra encore importer du porc européen pendant quelques années », rappelle Boris Duflot.