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Porc : la Chine redonne un peu de couleurs aux marchés

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L’arrivée sur le marché mondial d’une demande chinoise fulgurante redonne quelques couleurs aux cours européens déprimés par une grave crise de surproduction. La cotation du marché du porc breton retrouve son niveau de l’année dernière à la même date. Toutefois, 2015 avait été la plus mauvaise des trois dernières années.

Les cours européens du porc – en France, en Allemagne et en Espagne – viennent de retrouver leur niveau de 2015 à la même date, alors qu’ils se situaient au-dessous depuis le début de l’année, rapporte le Marché du porc breton (MPB) dans sa dernière note de conjoncture. Le 19 mai, la cotation de Plérin a atteint 1,217 euro le kilo, grâce à quatre hausses de plus de 2 centimes durant le mois de mai, alors qu’elle était restée atone depuis le début de l’année, écrasée par les offres espagnoles notamment. Cette embellie est bienvenue pour les producteurs de porc, mais toute relative ; les cours actuels rejoignent ceux de l’année 2015 (1,238 euro le kilo en moyenne) qui avaient été très inférieurs à ceux des deux années précédentes (1,327 euro le kilo en 2014, et 1,464 euro le kilo en 2013). Et sur l’année 2015, « le solde de trésorerie de l’atelier porc est négatif de six centimes le kilo », fait observer l’Union des groupements de porcs bretons (UGPVB) dans un communiqué le 24 mai.

Pic de production cet été

La production porcine européenne est en pleine phase de surproduction (consommation des ménages stable en 2015, abattages en progression de +3,9 % en volumes, surtout en Espagne), et devrait atteindre cet été un pic, avant commencer à redescendre au second semestre. Mais en face de cette surproduction « massive », une demande tout aussi « massive » de la Chine est apparue depuis quelques semaines, qui permet « de retrouver de la fluidité dans les offres, situation impensable il y a un mois », constatent les analystes du MPB. Sur le premier trimestre 2016, les exportations de l’Europe vers la Chine (dont Hong-Kong) ont progressé de 65 %. « Si le prix ne couvre pas encore le coût de revient, les perspectives de marché sont encourageantes », note l’UGPVB. Difficile de prédire jusqu’où grimperont les importations chinoises. Elles devraient toutefois reculer à partir de 2017, prévoient les analystes.

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L’Amérique en profite également

La Chine redonne un peu d’espoir aux producteurs européens, pour que l’année 2016 ne soit pas complètement catastrophique. D’autant que l’Union européenne est le bassin de production le plus présent en Chine, en volumes. Toutefois, les Européens ne seront pas les seuls à profiter de l’eldorado chinois ; d’autres grands pays producteurs connaissent des progressions fulgurantes de leurs exportations vers la Chine sur le premier trimestre, comme le Canada (+212 %), les États-Unis (+83 %) et le Brésil (+124 %). Pour l’heure, la situation est favorable à l’UE : « L’Europe bénéficie de la parité euro-dollar pour être privilégiée par les importateurs de la Chine », estime le MPB. En dehors du facteur chinois, les fondamentaux du marché du porc européen ne sont pas roses. Si la production devrait baisser en fin d’année, « les derniers chiffres connus de consommation des ménages ne sont pas très favorables », rappelle le MPB.