Abonné

Porc : la Pologne va clôturer sa frontière orientale pour lutter contre la PPA

- - 3 min

Face à la progression de la peste porcine africaine (PPA) vers l’ouest, les autorités polonaises veulent poser un grillage tout au long de la frontière orientale du pays, avec l’Ukraine et la Biélorussie. Le projet devrait coûter 28 M€. La progression de la maladie est un risque de déstabilisation majeure pour la production porcine allemande, très tournée vers l’export.

Pour lutter contre la progression vers l’ouest de la peste porcine africaine (PPA) par l’intermédiaire des sangliers, la Pologne va poser une clôture le long de sa frontière orientale, avec la Biélorussie et l’Ukraine. Évoqué il y a plusieurs mois par les autorités, le projet s’est matérialisé, il y a quelques jours, dans une loi spéciale du gouvernement, l’équivalent polonais d’une ordonnance, rapporte l’ambassade de France en Pologne, à Agra Presse le 11 décembre. Le projet devrait coûter 28 M€ et couvrir 729 km. Il doit être validé par le parlement en janvier.

L’annonce intervient après la découverte fin novembre de cas de PPA sur des sangliers aux alentours de Varsovie, alors que la maladie était jusqu’ici cantonnée à la frontière orientale. Selon la plateforme ESA, sept cas ont été déclarés chez des sangliers, entre le 17 et le 24 novembre, dans les régions de Varsovie et Legionowo, à une centaine de kilomètres de la frontière. Parmi les autres mesures annoncées par les autorités, des congés payés accordés à certains fonctionnaires (parcs nationaux) s’ils les consacrent à la chasse aux sangliers, ainsi qu’une réorganisation de la surveillance sanitaire (créations de groupes régionaux spécifiques à cette maladie).

En septembre, la Commission européenne avait débloqué un soutien de 9,3 M€ en faveur des éleveurs polonais de porcs qui pourraient être amenés à arrêter leur production à cause de foyers de peste porcine africaine.

Progression constante en UE depuis 2014

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

La Pologne n’est pas seule concernée par cette progression. La plateforme ESA constate « une augmentation du nombre de déclarations de peste porcine africaine (PPA) dans la faune sauvage ces derniers mois en Europe ». Cette variation est « cohérente avec la variabilité saisonnière observée depuis 2014 », mais « le nombre de cas annuels en Europe est en progression constante » (voir graphique). Il est passé de 334 en 2014, à 1 715 en 2015, puis 2 466 en 2016 et déjà 3 208 en 2017 au 29 novembre.

Sur la semaine 47, la plateforme ESA recense 184 foyers déclarés dans les pays Baltes dont 94 en Lituanie ou 31 en Pologne (n = 32), mais aussi 15 en Italie et en République Tchèque. Dont trois foyers déclarés dans des exploitations porcines.

Comme le relèvent très bien les analystes du Marché du porc breton (MPB), la progression de la maladie est un enjeu majeur pour l’Allemagne, et donc pour le marché mondial : « Si la PPA devait être signalée en Allemagne, premier exportateur européen, cela provoquerait un véritable tsunami dans le commerce du porc en Europe, qui pourrait se trouver privé de certains de ses grands marchés à l’export. D’importants volumes de viande se retrouveraient alors sur le marché communautaire avec des conséquences désastreuses sur les prix. »

Si la PPA était signalée en Allemagne, premier exportateur européen, ce serait un véritable tsunami dans le commerce du porc en Europe